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LES COLONIES DANS LA GRANDE GUERRE (1914 - 1923)
M. Bereau, lycée Baimbridge, Guadeloupe

 
Feuille de route (les colonies dans la Grande Guerre).

Date

Séances

Objectifs

Supports
pédagogiques

Situations
d'apprentissage

Cognitifs

Notions,
mots-clés,
concepts
vocabulaire

Méthodologiques

 

Les colonies dans la Grande Guerre

Décrire certaines caractéristiques coloniales - Distinguer la diversité des réactions - Identifier une nouvelle donne entre dominant et dominé - Acquérir des notions essentielles. Saisir des enjeux et des priorités.

Vieilles colonies,
insoumission, mutilation - Béké-AEF-AOF-POM-
BTS-SOTC- New deal colonial- transplantation - Assimilation - Algérianité - Jihad - Mission Diagne - Batouala - Y'a bon et zouave - Congrès de Bakou, Bolchevik, Front anti-impérialiste...

Problématiser ; comment des périphéries se retrouvent au centre de la tourmente et en sortent métamorphosées ?
Commenter tableaux et diapositives (3) - Comparer - Mettre en relation des documents - Détecter des évolutions - Extraire des informations - Classer et discriminer - Faire synthèse et perspectives...

J.Thobie, G.Meynier...Histoire de la France coloniale (1914-20), A. Colin 1990.
H. d'Almeida-Topor, L'Afrique au XXè siècle, A. Colin.
L'Histoire spécial, Le temps des colonies n°69, 1984
Historial Antillais, Volume V.
Images et colonies (1880-1962), BDIC

Partir de l'audition de "A Dardanelles"
Original ; S. Geoffroi, repris dans les années 1960 par Dolor puis récemment par Kan'nida.
Support : magneto+projecteur diapos

Cours dialogué

Travail de groupe


 
GUERRE,  RÉVOLUTION ET PAIX (1914-1923)

.

Plan ( propositions):


I) D'UNE GUERRE INTEREUROPEENNE A UNE GUERRE MONDIALE. (Non développé)
II) LES COLONIES DANS LA GRANDE GUERRE (Développé)
III) LA GUERRE," VÉRITABLE ACCÉLÉRATEUR DE L'HISTOIRE RUSSE " (Non développé)
IV) DES TRAITES MALTRAITES. (Non développé).

Partir pour la séance : " LES COLONIES DANS LA GRANDE GUERRE"
- soit de l'audition du gwo ka " A Dardanelles " du groupe Kan'nida des frères Geoffroi révélant l'intensité des combats et la participation active des troupes coloniales.

( refrain : Pwen fizi la monté kan menm / Prends le fusil et monte quand même ...)
- soit des citations célèbres de M.Ferro et M.Michel permettant ,sur une carte murale, des repérages spatiaux et démontrant la forte implication des "coloniaux" dans la guerre :

"Ces Noirs, ces Arabes, ces Annamites ont joué un rôle aussi. Il reste à leur donner la parole" ( Marc Ferro )

"Le problème principal réside-t-il dans l'utilisation des troupes noires ou dans le manque de légitimité de leur utilisation " ? (Marc Michel).

 

Problématiques ( suggestions ):

Pourquoi et comment les Colonies participent aux effroyables efforts de guerre ?

En quoi ce premier conflit mondial menace le cordon ombilical colonial ?

Durée: 2 - 3 H ( avec le travail de groupe )

 

Objectifs généraux

Lutter contre l’amnésie quasi générale des Manuels et évoquer, loin d’histoires partielles, partiales et dans la clarté, un sombre événement qui fut la matrice du XX ème siècle. Rendre hommage, " images d'Epinal " rangées et parfum colonial déversé, à tous ces Damnés de la Guerre, à tous ces "POM», lire Poilus d'Outre­Mer qui sortiront, à l'égal des Français, transformés par cette "aventure monstrueuse et absurde" ( G.Duhamel).

 

Objectifs cognitifs et méthodologiques : voir feuille de route.

 

Support didactique

Magnétophone, feuille de route, dossier documentaire, support lexical ( remis la veille aux apprenants ) et 3 " diapo montages ".


Évaluations

            1- Démontrer dans l'espace et le temps l'évolution de l'image du soldat noir ( document 1 )

            2- Réaliser, sous forme de bande dessinée, la suite de l'histoire. ( document 2 )

            3- Construire et commenter brièvement un graphique évolutif à partir du document 5

                      ( travail à la maison ).

 

Propositions de travail :
- Voir piste 1 : sujets de dissertations possibles.
-Voir piste 2 : travail de groupes ( 4 ou 5 ).
- Voir piste 3 : "QCM".
-Voir piste 4 : préparation à l'épreuve mineure d'histoire.
- Voir piste 5 : préparation à l'épreuve majeure d'histoire.

II. LES COLONIES DANS LA GRANDE GUERRE


Pour faciliter l'exploitation de cette" tragique séance guerrière", un double choix typographique.
 - style "standard"pour le cognitif et les recherches scientifiques.
 - style "italique" renforcé pour le méthodologique et les expérimentations avec les apprenants.

 

2-1 Pouvoir colonial et mobilisation dans les Colonies : séduction et répression.

Le gouvernement français, face à cette guerre mangeuse d'hommes, utilise tous les artifices pour envoyer au feu les "troupes indigènes" du second empire colonial du monde : 10 millions de km2 pour une cinquantaine de millions d'habitants aux réactions d'ailleurs fort diverses lors de la déclaration de guerre que mairies et églises brûlent, à tour de sirènes et de cloches, de divulguer du moins sous les Tropiques.

Document 1 :

- Dans les "Vieilles Colonies" galvanisées par les arguments nationalistes des autorités locales, les préoccupations classes-races qui jetaient alors les uns et les autres dans les tranchées de l'absurdité, s'estompent temporairement pour faire pratiquement place à  "l'Union sacrée" de Poincaré.

Mobilisation exploitée à travers la diapositive 1 montrant sur le port de Basse-Terre en Guadeloupe, le départ des premiers conscrits, des premiers "P.O.M "( Poilus d'Outre Mer )

- En Algérie, en Tunisie, dans le Maghreb en général, le gouvernement français ainsi que le SOTC (1) font ... la danse du ventre ou sont prêts à passer sur celui de tout un peuple pour enrôler au nom de la sacro-sainte "oeuvre commune de civilisation contre les barbares turco­allemands".

Méchouis, couscous, primes de 100 F (août 1914) puis de 200 F (septembre 1916), indemnités aux familles (1,25 F / j ), promesses d'accès à la citoyenneté ponctuent souvent les incorporations ! La France catholique n'a-t-elle pas jusqu'en 1917 organisé " à ...La Mecque des pèlerinages officiels de notables dorlotés " ?( G.Meynier ). La Métropole, divinement inspirée, ne multiplie-t-elle pas sur son territoire mosquées en bois improvisées et cafés maures révisés ? Mais par la suite et , notamment avec l'arrivée au pouvoir de Clemenceau ( novembre 1917) , on assiste à un recrutement forcé.

En somme 70 000 Algériens ont été recrutés.

- En AOF (2): primes de 10 à 30 F aux chefs par homme fourni grâce notamment à la mission Diagne (3) puis, recrutement forcé, chasse à l'homme provoquant résistances armées au Soudan, insurrections entre l'affluent du Niger et la Volta, qui ont duré près de... dix mois!

Mais comme le disait froidement Clemenceau craignant par dessus tout une défaite sur le Rhin " Mieux vaut courir des risques en Afrique que sur le front ! "

- En AEF (4): pas de ponctions fortes jusqu'à la fin de 1917 car la région était plutôt préoccupée par la conquête du Cameroun allemand. Mais en 1918 des efforts de guerre sont également demandés malgré l'appel à la résistance des ...femmes autour des casernes

( hurlements stridents, roulements au sol , intensification de rites animistes et autres ...) Pourquoi donc, chez tous ces coloniaux ( cf document 1), des réactions aussi diverses ?

Sur le plan statutaire : Maghrébins ,Malgaches ,Indochinois, Canaques sont simplement des "sujets" de la France et non des citoyens comme les "créoles" des Antilles ou les"indigènes" des Quatre Communes du Sénégal fraîchement intégrés en 1915 ! (Gorée,St Louis,Dakar, Rufisque).

En somme, se disent les non-citoyens, pourquoi , malgré l'attrait du "certificat du manger",

aller " crever " pour un pays qui ne vous a rien donné ?

Sur le plan politique : divisions profondes, aux Antilles notamment, entre Antimilitaristes

( békés, usiniers, commerçants ) et Patriotes hostiles à " l'insoumission " et aux ...mutilations pour échapper au front.

- Enfin , à partir de la répartition inégale des contingents du document 1, faire extraire certaines informations concernant les "P.O.M ":

- Tous n'ont pas combattu sur le front et donc servi de " chair à canon ".

- Malgaches plutôt affectés dans les services de santé , Indochinois dans les ateliers de l'armée ...

- 607 000 hommes représentaient, en fait, près de 8% des effectifs.

 

2-2 Participation sans partition des troupes coloniales.

Partir du document 2-Relever et repérer alternativement grâce à une carte murale ou au manuel, les brillants exploits du 68ème BTS (5) sur les hauts lieux de la Grande guerre.

- Jouer sur les échelles, insister sur les détroits des Dardanelles ( avril-déc.1915 )

- Éveiller l'esprit critique de l'élève en rappelant que cette "citation" ne doit pas faire oublier la marginalisation frappante des soldats coloniaux dans les bulletins militaires et dans la presse pendant toute la guerre... par triomphalisme patriotique national !

Les Dardanelles, expédition désastreuse pour ouvrir chez des Turcs, bénéficiant d'une supériorité topographique, un second front en Méditerranée orientale furent perçues, par la "Force noire" comme un prélude d'apocalypse alors que pour les 8 000 "Kiwis" (les Néo-zélandais) et 13 000 "Aussies" ( les Australiens ) elles marquaient la naissance d'une conscience nationale.

Concernant l'état de conscience, l'appel de la Turquie au Jihad, incontestablement, a posé problème aux Musulmans d'Algérie luttant pour la mère-patrie! D'ailleurs des désertions célèbres comme celle du lieutenant Boukabouya en témoignent.( M.Michel)

Les tirailleurs sénégalais que nos élèves peuvent, à partir du document 2, hâtivement assimiler à leurs Rambo, Robocop ou autres Ninja n’avaient en fait, au premier abord, aucune prédisposition de grand guerrier.

- Document exploité, diapositive 2 : un tirailleur sénégalais photographié à Verdun en 1915 harassé, le pied nu dans le froid ( diapo montage à partir de l'Histoire n°69 )

inexpérimentés, désorientés, jugés inaptes au front français, bénéficiant d'une instruction militaire dérisoire, souffrant d'un classement absurde ne respectant nullement l'homogénéité culturelle des unités regroupées en races guerrières et non guerrières minées par la transplantation, affrontant difficilement des conditions sanitaires précaires dans les "camps de la misère" ( mai 1917 : 13,7 % de mortalité par maladies pulmonaires chez les BTS ! ) ils étaient donc au début paniqués par la guerre européenne d'où maints refus d'obéissance suivis, bien sûr, de sombres sanctions !

Sans pousser au noir ce tableau, évoquer également les manifestations racistes ( document 3)

- sur le front, le Martiniquais Ircher a dû subir l'attention particulièrement « singulière » de frères d'armes correctement sinistres.

On se demande encore jusqu'où on irait si les Français, en 1918, avaient accepté d'instaurer les mesures d'apartheid que les Américains dirigés par Pershing leur réclamaient ! Concernant la diligence du Gal Mounier pour la promotion des Noirs dans le corps des officiers, tirer profit de ce document pour rappeler le cursus de l'un des premiers Polytechniciens de couleur, le Guadeloupéen Camille Mortenol ( 1859-1930 ) qui, aux côtés de Gallieni , avait participé à la "pacification" de Madagascar , et était chargé, en tant que Directeur de l'aviation maritime pendant la guerre , de défendre le ciel de Paris contre les éventuelles attaques allemandes. ( L.Farrugia )

- à " l'arrière" la discrimination assombrissait le régime des permissions des Maghrébins mais surtout des Sénégalais pour lesquels, les visites chez les familles françaises, marraines ou autres infirmières étaient carrément interdites.

Comme il se permet, loin du front, des exploits galants et enflamme l'imagination entre autres, de ces honorables dames de la Croix-rouge embrasées par la proéminence de ses traits, notre vaillant tirailleur qui , apparemment ne se contentait pas seulement de fredonner "Auprès de ma blonde", sa chanson préférée lors de l'assaut à la baïonnette, s'est vu interdire, par l'Etat-Major, certaines " bontés d'ordre sexuel" et visites pour... " risques de corruption de notre sang" .

Document 4 : Le sang des Contingents noirs " aptes à tout faire " selon le "semeur" Mangin a inondé le sol français notamment celui du "Chemin des dames" où 7 000 Sénégalais ont péri ou été mis hors de combat en mai 1917 ce qui, écrit M.Michel, a nourri irrévocablement la légende de Mangin "boucher des Noirs" . Par rapport aux différents engagements, les pertes des Coloniaux ont été considérables notamment chez les Sénégalais et chez les Algériens.

Concernant les "fantassins métropolitains", ne pas omettre de dire aux élèves que l'Etat-Major n'a pas été plus avare du sang des indigènes que de celui des Bretons, des Normands, des Corses qui ont enduré les mêmes souffrances et consenti les mêmes sacrifices souvent inutiles :

" On n'a pas le même destin mais nos galères sont les mêmes" !

Enfin, faut-il le rappeler ici, la contribution coloniale ( 600 000 hommes, 8% des effectifs sous les drapeaux) représentait pour les populations antillaises et africaines peu nombreuses, un effort surhumain.
A titre comparatif, les Anglais qui bénéficiaient de l'apport des dominions et de l'Inde, n'ont mobilisé en Afrique que 30 000 hommes employés uniquement sur le sol africain : occupation du Togo conjointement avec les forces françaises ; conquête difficile du Cameroun allemand terminée en février 1916 ; prise héroïque de l'Afrique orientale allemande dirigée par le général von Lettow-Vorbeck disposant de 16 000 hommes face à une coalition sud-africaine ( 57 000 soldats, 250 000 auxiliaires et 700 000 porteurs) menée par le général sud-africain Jan Smuts qui, avec le général belge Tombeur, fit capituler les Allemands seulement le 25 novembre 1918 soit…14 jours après l'armistice européen ! Ce conflit se solda par 47 000 morts du côté anglais, par 12 000 morts africains et... 2000 Européens du côté allemand (H.Almeida-Topor).

Document 4 : rappeler aux élèves que la noire hécatombe en Europe n'a pas altéré le loyalisme des troupes coloniales. Comparativement aux milliers de mutineries françaises traduisant un "ras-le-bol ", une lassitude générale, on dénombre... une seule mutinerie coloniale chez ces chairs à canon qui, même en lambeaux, s'accrochent encore à leur dignité d'homme. En août 1917, le 61ème  BTS, le bataillon Malafosse " pète les plombs " : les " Y'a bon" (6) arrêtent de faire les…Zouaves et disent distinctement " Y'a pas bon "par exaspération, par écœurement face à ce "sang inutilement versé". L'historien Marc Michel conclut clairement : " Ce fut une crise de confiance et non une crise de prise de conscience anticoloniale ".

2-3 Mobilisation financière et économique : de l'impôt du sang à l'encaissement du franc.

- Exploiter le dossier module du Manuel d'Histoire, Hatier p. 198-199 ( document 27 )

Comme la Métropole soumise à la guerre totale, les Colonies, elles-aussi, se plièrent à une contribution multiforme. Un gros effort financier fut demandé à tous. Citoyens, non-citoyens, gouvernements coloniaux, tout le monde devait payer !

Hélène d'Almeida-Topor écrit que la participation aux emprunts de guerre de l’AOF s'élevait à 31 millions de francs, celle de l’AEF: 7 millions, Madagascar : 37. Mais l'Algérie seule a émis les deux tiers du total fourni par l'ensemble de l'empire soit 963 millions de francs alors qu'elle n'avait reçu de la France, recrutement et pensions compris, que 120 !

Les Antillais participèrent également aux importantes souscriptions à l'emprunt de la Défense nationale. Les fonds étaient recueillis soit par la Croix-rouge, soit par les Banques de la Guadeloupe, de la Martinique et le montant des souscriptions était indiqué dans les journaux.

Dans Historial Antillais, les auteurs précisent que le montant qui s' élevait au 1er août 1915 à plus de 310 0(0 Francs avait été à l'origine d'une polémique quand Guadeloupéens et Martiniquais apprirent que cette somme, destinée en principe aux " POM " sur le front avait servi , en fait , à reconstruire la ville française d'Etain !

On assista, bien entendu, à l'augmentation des impôts directs et indirects: en AOF, l'impôt personnel augmenta de 33 % en 1913 à 44, 6 % en 1918 ! La Colonie ne doit pas oublier non plus l'appel : "Ils donnent leur sang, donnez votre or " mes trésors !

Il fallait donc payer mais aussi produire : diapositive 3 sur les flux commerciaux.

Les exportations de matières premières, en dépit des difficultés évidentes d'acheminement, enregistrèrent des augmentations sensibles et des transformations "pénibles" : en AOF, implantation de nouvelles cultures, par exemple celle du ricin dont l'huile était employée en aéronautique. Au Dahomey, peine d'amende, voire d'emprisonnement pour les paysans récalcitrants ! Si les matières premières: coton d'Egypte, cacao de la Gold Coast intéressaient les Anglais, les oeufs du Maroc ,les céréales et cuirs du Maghreb, la viande de boeuf de Nouvelle-Calédonie, le vin d'Algérie et le rhum des "Vieilles Colonies" étaient plutôt appréciés des Français.

« Au front l'alcool avait toutes les vertus. La gnôle réchauffait quand on avait froid, soutenait quand on avait faim, réveillait quand on était las ; cela remplaçait le pain, la viande, le charbon, le repos... Alors, nos chefs étaient criminels quand ils faisaient augmenter notre ration » ?

R.Dorgelès, Le Canard Enchaîné, 9/4/1919.

A ce titre le document 5 permet de voir, pendant et après la guerre, les fluctuations de la production de rhum réquisitionné par le pouvoir colonial.

- Rappeler à nos " petits poilus" particulièrement intéressés, les applications multiples : explosifs, armement, besoins pharmaceutiques...

-   Ne pas oublier les conséquences sur le terrain : ruée sur la monoculture de la canne,

diminution de la production vivrière, perturbations de l'économie locale...

- Insister sur l'année 1922 où la production rhumière de la Guadeloupe a atteint le chiffre

 

 DOCUMENTS

Document 1 : Troupes originaires des colonies, engagées dans le conflit.

AFRIQUE DU NORD
dont 80 000 Tunisiens, 40 000 Marocains

294 000

AOF/AEF

189 000

INDOCHINE

49 000

MADAGASCAR

41 000

VIEILLES COLONIES
Antilles, Guyane

23 000

DIVERS

11 000

Source ; l’Histoire N° 69/1984.

Document n°2 : Les Tirailleurs sénégalais au front.

Au front depuis septembre 1914, s'est constamment signalé à Reims (1914), aux Dardanelles (1915), sur la Somme (1916), et sur l'Aisne (1917) par ses remarquables qualités de vigueur et d'esprit offensif. Le 16 juillet 1918 [...] malgré des rafales d'artillerie d'une intensité inouïe et des feux de mitrailleuses très meurtriers, a fourni plusieurs brillantes contre-attaques locales qui sont parties dans un ordre partait et ont été exécutées avec une énergie farouche faisant l'admiration de toutes les troupes en ligne. (Citation du 68e BTS à l'ordre de l'Armée, le 7 février 1919, Journal officiel du 29 mai 1919).

Source ; l’Histoire N° 69/1984.

Document 3 : Les soldats des colonies, victimes de la discrimination.

Le journal guadeloupéen d'Oruno Lara, "La Fraternité" rapporta deux faits significatifs. Le premier, à l'enterrement en Tunisie, d'un soldat martiniquais, Ircher, mort des suites d'une maladie à la gravité non décelée à temps, aucun soldat blanc n'a suivi son corbillard, tandis que quelques jours après, un soldat allemand prisonnier eut droit lors de ses obsèques à un piquet d'honneur.
Un autre militaire par contre, le général Mounier, voulant élever au grade d'officier certains soldats du contingent créole, entreprit de vérifier par lui-même les rapports particulièrement défavorables sur ses soldats quant à leur niveau d'instruction et leur aptitude à devenir des officiers. Constatant qu'il était en présence de clerc de notaire, d'instituteur, de fonctionnaires... il dut "engueuler" les commandants d'unité et ordonner immédiatement le commencement des cours d'élèves officiers en garantissant l'honnèteté des notations.

Source : Historial Antillais/ Volume 5.

Document 4 :
Effectifs des soldats morts et disparus.

 

 

 

Morts et disparus

% par rapport aux mobilisés

ALGERIENS

26 000

15,1

SENEGALAIS

30 000

22,4

MALGACHES & INDOCHINOIS

5 500

11,2

FANTASSINS METROPOLITAINS

1 126 000

24

Document 5 : Evolution de la production de rhum en Guadeloupe (1913 - 1922).

Du fait des hostilités et de l'impossibilité dans laquelle étaient les producteurs métropolitains à fournir des alcools en quantité suffisante, la production coloniale, encouragée par le pouvoir central français, s'était accrue considérablement par rapport à celle de 1913, afin de satisfaire les besoins métropolitains. Ainsi de 1913 à ! 922, la Guadeloupe avait produit : 
  

1913

2.287.530 litres d'alcool pur

1914

2.593.855  "           "         "

1915

1.829.307   "           "         "

1916

2.570.983   "           "         "

1917

2.900.199   "           "         "

1918

2.258.604   "           "         "

1919

3.854.443   "           "         "

1920

4.767.739   "           "         "

1921

2.066.233   "           "         "

1922

5.000.815   "           "         "

Source : Historial Antillais/ Volume 5.

 Document 6 : les contingents coloniaux et le contentieux franco-allemand.

La participation des contingents coloniaux, surtout noirs, eut aussi un autre effet: celui d'aggraver le contentieux franco-allemand d'après-guerre. Déjà avant la guerre, plus encore pendant, l'Allemagne avait protesté contre la « barbarie » des Alliés utilisant contre les peuples « civilisés » d'Europe des soldats d'outre-mer. En 1919, Blaise Diagne lui-même demanda que ses compatriotes, qui avaient tant contribué à la victoire, y participent avec éclat par leur présence dans la Rhénanie occupée. Hitler et les nazis n'oublieront pas cette «humiliation ».

Source ; l’Histoire N° 69/1984.

 L'IMAGE DU SOLDAT NOIR / 1914-1923.

 

 

 

 

Pierre Farinole : "je trouve qu'elle
manque vraiment de mesure dans
ses revendications coloniales..."

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