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L'Histoire et Géographie en Martinique

Histoire-Géographie en LP
Les ressources pédagogiques (collèges, Lycées)
 

LES NOUVELLES EPREUVES
DU DIPLOME NATIONAL DU BREVET
 H. MORVAN, Collège J. Roumain, Rivière Pilote

Références: B.O. N°31,  9 SEPT. 1999

A partir de la session 2000, les épreuves du Brevet des Collèges se dérouleront suivant de nouvelles modalités. Le texte officiel  n’abuse pas de détails et il faut une lecture attentive pour déterminer  sa nature et ce qu’elle induit.

            Pourquoi de nouvelles épreuves ?

Le nouveau Brevet est semble t-il commandé par un double horizon.

·        Il s’agit d’abord d’initier les futurs élèves des baccalauréats généraux à l’épreuve d’étude de documents. Le fossé entre l’ancien brevet et le nouveau bac devenait trop grand : Il y a un nouveau Brevet parce qu’il y a un nouveau bac.

 L’élève entre au lycée avec une démarche d’étude de documents qu’il enrichira pendant ses trois années du second cycle.

·        Le Brevet intervient au terme de la scolarité de l’élève au Collège. Le nouveau Brevet est un aboutissement, il vérifie des connaissances et des savoir-faire dont l’acquisition ne se limite pas aux trois trimestres de la troisième. L’enseignant de troisième ne supporte pas seul le fardeau de la préparation à l’examen.

 C’est dans cet esprit que l’épreuve de repérage peut être comprise. Au-delà de cet exercice, c’est l’ensemble du Brevet qui repose sur la remise en cause, la mise à plat de nos pratiques depuis la sixième. Ici encore, l’aval commande l’amont !

            La structure de l’épreuve :

·        histoire et géographie  ( 18 points )

*  deux ou trois questions pour : relever et mettre en relation des informations  sélectionnées dans les deux ou trois documents qui accompagnent le sujet ( 8 points ).

      * répondre au sujet : rédiger un paragraphe argumenté d’une
                    vingtaine de lignes  ( 10 points ). 

·        éducation civique ( 12 points )

* des questions pour :  relever les informations dans les deux ou trois    documents qui accompagnent le sujet ( 4 points )

                 * répondre au sujet : mettre en relation ces informations et rédiger un  paragraphe argumenté  d’une quinzaine de lignes répondant au sujet posé ( 8 points )

 

·        repères chronologiques et spatiaux ( 6 points )

                  trois questions de mémorisation des repères en histoire et en géographie depuis la 6e .

  L’épreuve d’histoire et de géographie. ( 18 points ).

   Histoire ou géographie ?

Le programme de troisième mêle intimement l’histoire et la géographie. La deuxième partie, Élaboration et organisation du monde d’aujourd’hui, est présentée dans les I.O. dans deux colonnes qui se font face.

L’élève choisit le sujet entre les deux  sujets qui lui sont proposés. Il peut s’agir de deux sujets d’histoire, de deux sujets de géographie, d’un sujet d’histoire et d’un sujet de géographie.

 L’élève doit être informé que les impasses sont dangereuses dans la préparation d’un examen. Moins prosaïquement, le monde d’aujourd’hui ne peut être compris que comme l’héritage des évolutions économiques, démographiques et politiques  depuis 1945. L’histoire et la géographie concourent à la compréhension du temps présent.

  Le choix des documents.

Le sujet est accompagné de « deux ou trois documents ». Peu nombreux, le plus grand soin doit être apporté à leur sélection. Les références des documents sont clairement indiquées. Pour aider à leur compréhension, les documents peuvent être accompagnés d’ « indications » (définition, précision des fonctions de l’auteur, développement des sigles, chronologie simplifiée, traduction des mots étrangers).

L’élève n’a pas à regrouper les idées par thème. Le titre donné au document doit être sans équivoque et aider l’élève dans sa lecture du contenu du document. Le document doit être riche de sens pour l’enseignant qui le choisit.

La nature des documents.

Les documents sont « si possible » de nature différente.

L’élève depuis la sixième a été confronté à différents supports documentaires. Il a pu évaluer la densité et la variété des sources utilisées en histoire et en géographie. 

 Les documents en classe ne sont pas des illustrations, des preuves à l’appui du discours magistral mais des objets à étudier pour eux-mêmes ( c’est le cas des documents patrimoniaux ) ou des documents,  reconstruits ou pas, dont il faut extraire le miel, l’information historique ou géographique.

Carte, texte, graphique, tableau, affiche ou caricature, sont des natures de document avec lesquelles l’élève doit avoir été confronté tout au long de sa scolarité. Les sujets proposés ne doivent pas privilégier le document  texte au détriment des autres natures de documents.

Appréhender la pluralité de la nature des documents requiert, en amont de la troisième, un réel apprentissage.

  Prenons quelques exemples pour l’illustrer.

-         Une affiche de propagande demande la mobilisation de l’esprit critique. Qui a commandé l’affiche ? A qui est-elle destinée ? A quel moment a- t –elle été produite ? Quel est son slogan ? Quels éléments met-elle en opposition ? Comment la composition de l’affiche, ses couleurs, les figurés permettent au commanditaire de faire passer ses idées ? De quelles idées s’agit-il ? On remarque que la sélection des informations vient au terme de cette démarche.

-          Un graphique impose une lecture de l’abscisse où sont portées les dates. Quelle est la date de départ et la date d’arrivée ? De quelle période est-il question ? Les dates font-elles écho avec une date-clé vue en classe ?

Comment évoluent les courbes ?  Est-ce une croissance, une augmentation ou une diminution ? Y a-t-il des accidents ? A quelle date se produit le décrochage de la courbe ? A quoi cette date fait-elle écho ?

 C’est de la qualité du regard que l’élève porte sur le document que dépendra la pertinence de son choix d’information. Cette phase du travail est invisible, elle n’est pas évaluée et elle détermine pourtant la sélection des informations.

La complémentarité des documents.

Les documents ne sont pas choisis au hasard. Ils vont permettre à l’élève de sélectionner des informations. Les informations vont servir d’arguments et permettre de faire des alinéas dans le texte argumenté. Ou alors, elles seront réinvesties à titre d’exemples dans les alinéas. Les informations des documents sont complémentaires par qu’elles doivent constituer  le cœur de l’argumentation (idée + exemple).

 ·        Combien de questions par document ?

Une seule question par document semble être de mise.

L’ancien brevet ne donnait pas de limite à la densité du questionnaire. Les questions rituelles d’identification du document permettaient à l’élève de récupérer quelques points. Les questions répondaient à une sorte de graduation et le barème ne faisait pas mystère sur les attentes des correcteurs !

 Le nouveau Brevet assigne à la question une fonction précise : «  relever les informations dans les documents et mettre celle-ci en relation ». On peut imaginer une question sur le document 1 et une autre sur le document 2. La troisième question profite de la complémentarité des documents et de leur nature différente pour amener l’élève à croiser les informations et les langages des documents 2 et 3.

 Si on attend de l’élève qu’il montre sa capacité à sélectionner des informations, on attend de l’enseignant qu’il énonce une consigne claire. La question prend alors la forme suivante : identifier, sélectionner, relever, repérer dans le document…  

L’élève rédige des phrases pour répondre à la question.  Si le document est un texte, Il peut citer le document entre guillemets. L’élève qui recopie les trois-quarts d’un document n’opère pas de sélection. La citation doit donc être concise et se limiter à un groupe de mots.  

·        Sous quelle forme se libelle le sujet ?

Le sujet se présente sous une forme déjà problématisée. L’élève n’a pas à rechercher la problématique.

Si on compare les programmes officiels actuels et leurs documents

d' accompagnement avec les anciens programmes, on constate que les occurrences du terme même de problématique ont subi une décrue impressionnante. La problématique n’a pas disparu pour autant ! On ne demande plus à l’élève d ‘en faire la recherche.

Plus largement, les apprentissages des techniques de la dissertation, de la composition, sont renvoyés au lycée. Au collège, on apprend à faire des paragraphes.

Ainsi, le traitement du sujet demande une rédaction argumentée, une démonstration. On peut proposer l’énoncé sous la forme montrez en quoi…, démontrez que…  

·        Un ou des paragraphes ?

Si on considère que l’argumentation s’appuie sur l’enchaînement logique des couples idée /exemple on s’attend à ce que chacun de ces couples soit séparé par un passage à la ligne. Le terme de « paragraphe » dans le B.O. peut être remplacé par l’expression « texte argumenté ».

 

·        Avec ou sans ?

L’élève est amené à rédiger son texte argumenté à l’aide des informations qu’il a trouvées dans les documents et avec ce qu’il a appris tout au long de l’année.

Le sujet prend alors la forme suivante : avec les informations relevées dans les documents et à l’aide de vos connaissances montrez que… 

L’élève est évalué sur sa «maîtrise des connaissances fondamentales ». Il faut qu’il lise attentivement le sujet pour comprendre ce qu’on attend de lui ( faire un plan, une organisation logique de ses idées)  et pour trier parmi ses connaissances ( notions, faits, dates, lieux, personnages) pour répondre au sujet posé. L’exercice n’est pas l’hybride de l’étude de documents et de la question de cours de l’ancien brevet ! Attention aux hors-sujet ! !

L’élève doit utiliser les informations sélectionnées dans les documents pour donner du corps à sa démonstration et la faire reposer sur l’observation des sources qu’il a devant lui.

On peut conseiller à l’élève de faire au brouillon un tableau en trois colonnes avant de se lancer dans la rédaction pour qu’il mette bien en phase

 

le sujet,

les informations, les connaissances.

idée à développer

infos doc 1... notions, faits...

 

·        Comment évaluer ?

L’Académie de Nantes dans un corrigé des nouvelles épreuves paru sur le site académique http://www.ac-nantes. fr propose quatre domaines à considérer :

-La compréhension du sujet : pas de hors-sujet.

-Les connaissances( idées générales, notions, faits)

-Le classement des connaissances (enchaînement logique)

-La taille du paragraphe (plus ou moins 50% ) 

Avec ces quatre domaines, on évalue « la maîtrise des connaissances fondamentales » et « l’aptitude à rédiger et à argumenter »