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L'Histoire et Géographie en Martinique

Histoire-Géographie en LP
Les ressources pédagogiques (collèges, Lycées)
 
Une interface Nord/Sud : l'espace caribéen.
 

Ce cours est une PROPOSITION faite par un groupe de professeurs de plusieurs lycées de Martinique. D'autres approches et d'autres démarches sont envisageables et souhaitables.

Auteurs : Yvan BERTIN, Berthe BRIVAL, Colette JOLY (Lycée de Bellevue - Fort-de-France), Yves FRANCOIS (Lycée de Trinité), Marc-André LEOPOLDIE (Lycée Acajou 1 Lamentin), Maryse VERRECCHIA (Lycée Centre-Sud Ducos).

Travail préparatoire n°1 :

Documents nécessaires

- Distribution d’un fond de carte muet de l’espace caribéen ( EC) au format A3.
- Une carte de la région est nécessaire pour repérer les différents Etats de l’EC (voir par ex. Histoire-géographie lycée, Antilles-Guyane, Hatier International p.83 et 107 (en abrégé Manuel Hatier ) ou "Relire l'histoire et la géographie de l'espace caribéen" (Hachette éducation) ou Magnard Géographie Terminales ES, L et S 2004 p.364).

1. Quels points communs peut-on faire ressortir entre les pays qui bordent le Golfe du Mexique et la mer Caraïbe au niveau historique et culturel ? (Manuel Hatier p. 74 n°1, p. 75 n° 2 et 3)

2. Combien d’ensembles spatiaux homogènes peut-on distinguer à partir des caractéristiques de taille, de continentalité et d’insularité des Etats de l’EC ?

3. Définissez l’Espace Caribéen.

4. Tracer la limite Nord /Sud (ligne discontinue rouge) sur le fond de carte à l’aide de votre manuel (voir par ex. Magnard Géographie T. p.268-269). Que remarquez vous ?

Travail préparatoire n°2 :

Document nécessaire
- Distribution d’un tableau : Développement Humain dans l’espace caribéen ( 2002)

Etats
Espérance de vie
Taux d’alphabétisation
PIB par hab. en $
IDH
Haut niveau de développement humain
Etats-Unis
77.0
..(1)
35.750
0.939
Martinique (2)
79.1
93.0
18.700
0.897
Guadeloupe (2)
77.8
90.0
17.177
0.878
Barbade
77.1
99.7
15.290
0.888
St Kitts et Nevis
70.0
97.8
12.420
0.844
Guyane(2)
76.3
83.0
6.000
0.840
Costa Rica
78.0
95.8
8.840
0.834
Bahamas
67.1
95.5
17.280
0.815
Cuba
76.7
96.9
5.259
0.809
Mexico
73.3
90.5
8.970
0.802
Trinidad et Tobago
71.4
98.5
9.430
0.801
Antigua et Barbuda
73.9
85.8
10.920
0.800
Niveau de développement humain moyen
Panama
74.6
92.3
6.170
0.791
Suriname
71.0
94.0
6.590
0.780
Venezuela
73.6
93.1
5.380
0.778
Saint Lucia
72.4
94.8
5.300
0.777
Colombie
72.1
92.1
6.370
0.773
Jamaïque
75.6
87.6
3.980
0.764
St Vincent et G.
74.0
83.1
5.460
0.751
Grenade
65.3
94.4
7.280
0.745
Dominique
73.1
76.4
5.640
0.743
St Domingue
66.7
84.4
6.640
0.738
Belize
71.5
76.9
6.080
0.737
Salvador
70.6
79.7
4.890
0.720
Guyana
63.2
96.5
4.260
0.719
Honduras
68.8
80.0
2.600
0.672
Nicaragua
69.4
76.7
2.470
0.667
Guatemala
65.7
69.9
4.080
0.649
Niveau de développement faible
Haïti
49.4
51.9
1.610
0.463
Comparatif
Monde
66.9
..(1)
7.804
0.729
France
78.9
99.0
26.920
0.932

(1) Une valeur de 99.0 % est appliquée pour le calcul de l’IDH.
(2) IDH : 1995, PIB, esp. de vie : chiffres INSEE.
Sources : ONU

1. Quel critère majeur justifie le classement en 3 groupes (de niveau de développement humain
différent) ?

2. Repassez en rouge sur la carte les contours (entourez en rouge pour les petits Etats insulaires) les pays dont l’IDH est élevé.
Repassez en vert sur la carte les contours les pays dont l’IDH est inférieur à la moyenne mondiale.

3. Comment expliquer de telles différences d’IDH entre les pays ?
Comparez et analyser les IDH de Cuba, d’Antigua et du Mexique ?

4. A l’aide du tableau de l’IDH, tracer une ligne ( ligne continue rouge) témoignant selon vous de la limite Nord-Sud dans l’EC.
Comparez avec la limite proposée dans votre manuel. Qu’en pensez-vous ?

5. Quel intérêt apporte l’étude du tracé de la limite N/S à une échelle mondiale et à une échelle régionale ?

INTRODUCTION

Correction du travail préparatoire n°1 :

1. Ces territoires nous semblent rassembler un certain nombre de caractéristiques communes : la colonisation, un système de plantation esclavagiste, des langues créoles, la nourriture, la musique…Il est possible de trouver d’autres points communs : des sociétés multiculturelles, métissées, l’influence des EU….

2. Il est possible de distinguer différents ensembles :

- Les espaces appartenant à des Etats continentaux :
---> Les petits Etats isthmiques
---> Les grands Etats continentaux

- Les espaces insulaires :
---> Les Grandes Antilles
---> Les Petites Antilles

Donner des exemples d’Etats pour chacun des ensembles.

Un schéma peut compléter la correction. Il permet de localiser quelques pays :

LE BASSIN CARIBEEN


3. L’EC est un espace littoral et insulaire qui regroupe l’ensemble des territoires qui se situent autour d’une mer intérieure constituée du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes. L’ EC est aussi appelé « Grande Caraïbe ». Les limites de l’EC varient en fonction des problématiques. Au-delà des éléments objectifs cités ci-dessus, la notre a nécessité l’intégration des EU.

4. Voir la carte. L’EC est une zone de fracture, d’interface. Les EU se situent au Nord, le reste des pays au SUD.

Interface : Espace de contact qui met en relation deux ensembles géographiques provoquant des phénomènes de rupture et d’échanges.

NB. : La notion d’interface est donnée à priori. Elle s’éclaire par le travail réalisé dans la première partie.

Problématique : Dans quelle mesure l’EC est-il une interface Nord-Sud ?

L’interface Nord/Sud

I. L’ESPACE CARIBEEN, UNE DISCONTINUITE NORD/SUD


Quelles différences de développement existent entre les différents Etats de l’EC ? Peut-on distinguer un Nord et un Sud ?

Correction du travail préparatoire n°2 :

1. L’IDH, rappel de la définition. L’IDH est la combinaison de trois critères : espérance de vie, taux d’alphabétisation et PIB par habitant. En conséquence, la variation d’un critère se répercute sur la valeur de l’IDH…
NB : l’IDH des DFA correspond à celui de la France. L’ONU ne donne pas l’IDH de Porto-Rico. ( à chercher ailleurs… )

2. Voir la carte.

3. L’EC regroupe des Etats de niveaux de développement très différents comme par exemple :
les EU : une grande puissance :
le Mexique : un pays émergent
Trinidad et Tobago : un petit Etat insulaire disposant de ressources particulières comme le pétrole et le gaz.
Les autres Etats avec des IDH élevés sont spécialisés dans le tourisme ou les services, en particulier financiers.
La Dominique : un pays en voie de développement disposant de peu de ressources. Notons que les pays en voie de développement de l’EC affichent pour la plupart des niveaux d’IDH supérieurs à la moyenne mondiale. Malgré des activités économiques souvent peu dynamiques (agriculture grosse consommatrice de main - d’œuvre, secteur administratif et tertiaire informel important…) ces Etats ont réalisé de gros efforts pour promouvoir la scolarisation et assurer un niveau sanitaire convenable à leurs populations.
Haïti : l’un des pays les plus pauvres de la planète.

Des pays comme Cuba, Antigua ou le Mexique ont un IDH relativement proche. Cependant de grandes différences existent entre les deux critères sociaux et le critère économique. A Cuba est un pays pauvre qui a de longue date privilégié le niveau d’instruction et la protection sanitaire de sa population. Un IDH faible n’empêche donc pas un bon niveau de scolarisation et de santé. Bref, à Cuba on vit vieux avec un niveau d’instruction relativement correct mais … dans une certaine pauvreté.
La différence est encore plus frappante avec les Bahamas.

4. La limite Nord/Sud tracée à partir de l’IDH est relativement sinueuse. La diversité des situations des petits Etats insulaires rend difficile le tracé d’une limite rectiligne.
Ainsi, celle proposée par le manuel peut paraître quelque peu arbitraire. Elle a sans doute l’intérêt de simplifier l’opposition Nord/Sud. Des Etats comme Barbade, Trinidad et Tobago (ou encore les DFA) sont ainsi classés dans les Etats du SUD !
Les mêmes remarques peuvent être effectuées pour d’autres zones de contact N / S, ailleurs dans le monde.

5. Le tracé de la limite N/S dépend de l’échelle choisie. Le passage à une échelle régionale rend l’analyse plus fine et donne à l’opposition N/S une nouvelle réalité.

Activité complémentaire :

Il est possible d’utiliser d’autres critères pour distinguer les pays du Nord, des pays du Sud (PIB, taux d’alphabétisation, répartition de la population active…). La question de la discrétisation reste à régler.
On obtiendrait alors un faisceau de courbes, concrétisation de l’ «épaisseur » de l’interface, davantage qu’une ligne de rupture N / S. La complexité et la richesse du sujet ne doivent pas remettre en question notre projet.

Transition :
L’interface forme une limite entre deux espaces. Cette discontinuité est source d’échanges.

II. LE FONCTIONNEMENT DE L'INTERFACE.

Travail préparatoire possible :
Trouver dans la presse, un article concernant un des flux intéressant l’EC. Justifier votre choix.

Travail méthodologique : le schéma doit mettre en évidence l’interface Nord/Sud par le biais des flux.

L’espace caribéen se présente comme une aire de transit, à l’interface de l’Amérique anglo-saxonne et de l’Amérique latine mais aussi à l’interface des deux océans mondes (canal de Panama).

1ère possibilité : A partir des articles trouvés, faire une typologie des flux,
Ou
2ème possibilité : Partir de l’article qui suit : « Naufrage d’une saintoise avec des clandestins » France Antilles Guadeloupe de décembre 2004 + manuel lycée Antilles-Guyane.

• Quels types de flux ?
• D’où viennent-ils, vers où vont-ils ?

--->Nombreux flux générés par l’inégalité Nord/Sud

En Guadeloupe, naufrage d’une saintoise avec des clandestins

Une barque de pêche avec 16 passagers à bord a fait naufrage samedi dans le canal des Saintes. L’embarcation transportait des clandestins en provenance d’Haïti et de Saint-Domingue.

Une embarcation en perdition, découverte dans le canal des Saintes, transportait pas moins de 16 personnes, dont la plupart étaient des clandestins d’origine haïtienne. C’est samedi, vers 9 h 45, que le Cross AG a été informé par un pêcheur guadeloupéen de la découverte d’une saintoise partiellement immergée aux abords de laquelle se trouvaient une dizaine de personnes. La barque de pêche, chargée d’eau, dérivait lentement à la sortie ouest du canal des Saintes.
Le Cross AG a déclenché immédiatement les opérations nécessaires à la récupération des naufragés. Deux hélicoptères (gendarmerie et sécurité civile), deux canots de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et une vedette des douanes ont été mobilisés. Les investigations menées à l’intérieur de la saintoise juste avant qu’elle ne coule ont permis de découvrir deux autres personnes souffrant d’hypothermie, qui ont été hélitreuillées à bord de 1’hélicoptère de la gendarmerie et évacuées sur l’hôpital de Pointe-à-Pitre. Durant leur transport vers Basse-Terre, les 13 autres naufragés avisaient le Cross AG qu’un des leurs avait sauté à la mer dans la nuit, accroché à un bidon.
Le canot de la SNSM retrouvait le naufragé encore en vie et dans un état de santé satisfaisant à 14 h 40.
L’enquête a été confiée à la gendarmerie. A l’exception des deux personnes évacuées par hélicoptère, toutes les autres ont été placées en garde à vue. Elles devraient faire l’objet de reconduite à la frontière.


R.L. France Antilles édition Guadeloupe, décembre 2004

 

A. Les flux

1. Les flux de marchandises.
a. Les échanges Sud/Nord portent essentiellement sur des produits bruts
: hydrocarbures du Venezuela, produits tropicaux d’Amérique centrale et des Antilles. Forte polarisation de ces flux vers les EU et secondairement l’Europe.
b. Les échanges Nord/Sud sont constitués de produits manufacturés et de services.
---> Des échanges inégaux qui reflètent l’inégal développement des Etats.

Carte 2 p. 83 et doc n°1 p. 82 du manuel Hatier.

c. Le transport maritime occupe une place prépondérante dans ces échanges : 80% du volume et plus pour l’ensemble insulaire.
- les ports de transbordement ou hub : San Juan, porte d’entrée du bassin caribéen, Miami, Houston, Panama, Freeport, Kingston.
- les relais secondaires traitant un trafic plus régional : Port of Spain, ports des Petites Antilles
---> atout majeur dans un contexte de mondialisation.

Placer sur le fond de carte, les principaux hubs et quelques ports secondaires.


2. Les flux migratoires.
Nées de fortes disparités de développement et favorisées par le développement considérable des moyens de transport aériens, les migrations intra et extra caraïbes renforcent l’interdépendance Nord/Sud.

Doc 1 p. 92 du manuel Hatier, Taux de migration dans la Caraïbe.

a. Les soldes migratoires sont souvent négatifs (sauf quelques îles proches des EU), mais hétérogènes
(Martinique : - 0.1‰ ; Guyana : - 20.14‰). --->L’espace « Sud » du Bassin Caraïbe est donc une zone de départ.
Carte p. 90

b. Vers quels pôles récepteurs ?
---> vers l’Europe surtout jusque vers les années 70 ( contrôle de l’immigration, dégradation économique ). Cela concerne environ 1.5 millions de personnes :
300 000 aux Pays Bas ( Surinam, Antilles néerlandaises )
600 000 en GB ( Jamaïque, Trinidad, Guyana…)
400 000 en France ( DFA )
Ces migrations se font vers les Etats ayant gardé des liens privilégiés avec les territoires caribéens.

---> vers l’Amérique du Nord : 8 millions de personnes :
400 000 vers le Canada ( Antilles anglophones, Haïti )
7.5 millions vers les EU ( tout le Bassin sauf les DFA )
--->véritable polarisation des flux migratoires : proximité géographique
puissance économique.


---> les mouvements intra-régionaux : environ 600000.
- ils sont beaucoup moins importants malgré la proximité et reflètent les différents niveaux de vie.
(Bassin caraïbe oriental versTrinidad ; Ste Lucie, Dominique vers Martinique, Guadeloupe ; Trinidad, Antilles Néerlandaises vers Venezuela ; Guyana, Surinam vers Guyane ; Haïti vers partout, véritable diaspora) ---> Les deux principaux pays d’accueil sont la Guyane et le Venezuela.
- on observe aussi des chaînes migratoires : St Vincent ---> Barbade ---> Trinidad ---> GB
Antigua ---> Barbuda ---> Iles Vierges ---> P. Rico ---> EU.
Les migrations sont essentiellement Sud / Nord.

c. Les causes de départ : faire parler les élèves + article du France-Antilles
--->socio-économiques :
- économie déstructurée par les difficultés économiques liées à la crise de l’économie de plantation - pauvreté,
- chômage,
- nouvelle législation EU (1967) et Canada (1965) pour faciliter l’emploi temporaire,
- attrait de la richesse occidentale : meilleures conditions de vie = « Eldorado » pour tous ces jeunes de mieux en mieux formés qui ne trouvent pas de travail.
- catastrophes naturelles (Montserrat)

---> politiques :
- guerres civiles : Nicaragua, Salvador,
- instabilité des régimes dictatoriaux : Haïti, Rép Dominicaine, Cuba,

---> Ces migrants sont essentiellement des travailleurs qualifiés ou non et des réfugiés.
Ces migrations renforcent l’interdépendance Nord / Su dans l’espace caribéen..

3. Les flux touristiques.

« Je n’ai jamais vu de pays plus beau. Des feuilles de palmier si grandes qu’elles servent de toit aux maisons, sur la plage, des milliers de coquillages nacrés. Une eau limpide, et toujours la même symphonie étourdissante du chant des oiseaux. »

Demander aux élèves d’où cela peut-il être tiré : dépliant publicitaire…
Cela est extrait des récits laissés par C. Colomb, premier voyageur occidental…

Aujourd’hui, la nouvelle industrie de la Caraïbe est le tourisme : jouent en sa faveur, les qualités de son climat, de ses paysages, la proximité du gisement de clientèle (populations à haut niveau de vie de l’Amérique du nord), la proximité historique et culturelle (population européenne) et l’absence de conflits armés.

--->Utiliser « L'Atlas Caraïbe» Nouveaux secteurs de développement.

a. Des économies inégalement dépendantes du tourisme.

* Si les activités touristiques sont présentes presque partout dans le Bassin Caraïbe, le poids occupé par le tourisme dans l’ensemble de l’économie est très variable : Pour plusieurs îles de la Caraïbe c’est la 1ère activité économique : Les Bahamas, les Caïmans (40% du PIB), Mexique (10% de la pop active), 20 millions de touristes / an dans les Grandes et Petites Antilles (Ste Lucie, Barbade 20% de la pop active et Jamaïque, Grenade, Martinique, Guadeloupe 10%).

* Les investissements pour le tourisme se multiplient et de grands groupes internationaux s’y engagent (IDE).

b. Les formes du tourisme.

* Tourisme massivement balnéaire : Varadero à Cuba, Cancun au Mexique, Sainte Anne en Martinique.

* Tourisme de croisière : la plupart des navires de croisière partent de Floride (Miami) mais aussi de New York et de certains ports des Antilles (Montego Bay, San Juan). Bon nombre de régions des Caraïbes (Guadeloupe) essaient d’attirer ces navires (créer une escale nécessite moins d’investissements que la construction d’une station balnéaire).

c. Les flux touristiques.

* Presque toutes les régions du pourtour de la Caraïbe et de l’arc antillais ont cherché à exploiter leur potentiel touristique. Les principales destinations sont :
- sur le continent : la Floride, destination principale, 40 millions de visiteurs/an), le Yucatan, la Nouvelle-Orléans.
- dans l’archipel : les Bahamas (3.5 millions/an), les îles Vierges US et Porto Rico (2 millions) la Jamaïque (1.5 million). Viennent ensuite la Barbade, la Martinique (500 000), les Caïmans, Aruba, les Bermudes dont le niveau est moindre.

* La majeure partie des touristes proviennent des EU : ils vont dans les territoires géographiquement proches. Cette prédominance est beaucoup moins nette dans les territoires plus éloignés (Petites Antilles et pays Sud Américains) tandis que la part des touristes européens s’accroît.
---> tous ces flux touristiques sont globalement orientés Nord-Sud.

4. Les flux illicites.

L’espace caribéen est un espace majeur de production et de transit.

a. Rôle mondial dans l’organisation du réseau des points d’appui en marge de la légalité (paradis fiscaux…).
* Sur 23 pays identifiés comme les plus gros producteurs mondiaux ou lieux de transit des stupéfiants (Bureau des narcotiques, Département d’Etat des EU 2003 ) 9 se situent dans l’espace caribéen.
* Sur 53 pays identifiés comme les plus actifs dans le blanchiment, 12 (souvent des micros Etats) se situent dans l’espace caribéen.
Ce rôle majeur dans la production et la distribution des substances illicites s’explique par la proximité du marché nord américain, 1er consommateur de cocaïne (produite essentiellement en Colombie).
* 30% du PIB des Etats caribéens dépendraient des activités illicites et illégales ( 10% drogue, blanchiment et autres activités : enlèvements, trafics d’armes, de pierres précieuses, corruption, racket…).

Carte 1 p. 8 du manuel Hatier ou « Atlas Caraïbe» zones franches, paradis fiscaux, et trafics illicites.

3 faisceaux principaux :
- faisceau continental : le plus actif. Par l’isthme --->EU. Le Yucatan joue un rôle central.
- faisceau antillais : les Petites Antilles sont un relais vers l’Europe et vers les EU via Porto Rico ou la République Dominicaine.
les Grandes Antilles : Cuba et Haïti, stockage et transit.
Porto Rico ( son statut ), dernière escale vers les EU.
- faisceau atlantique : Colombie ---> Venezuela---> Europe , Afrique.

b. Zone de départ et de transit majeur des clandestins.

Le mythe de « l’Eldorado » ou plus simplement la survie alimentent le flux de clandestins.

La presse, les médias se font souvent l’écho d’évènements dramatiques. ( cf. article France Antilles ) : - les « balseros » réfugiés cubains à bord de radeaux de fortune « les balsas ».
- les « boat people » interceptés en mer par les gardes-côtes américains
- les « wet backs» mexicains : cf. document 9 p. 22 Géographie seconde, édition Magnard,2001 : Mur où il y a la liste des Mexicains morts pour avoir essayé de franchir la frontière.

Malgré les lois de plus en plus sévères (surtout aux EU) et les dangers liés aux conditions de transfert, les flux de clandestins se font de plus en plus nombreux.

Tous ces flux sont le reflet des inégalités Nord/Sud et font de l’espace caribéen, une interface Nord/Sud.





Y a-t-il de la part des Etats, une volonté de réduire ces inégalités par l’intégration ?

B. De l’intégration régionale Sud-Sud à l’intégration régionale Nord-Sud.

Utiliser les documents 2 et 4 du manuel Hatier p.81

La mise en place d’une politique d’intégration régionale est liée au déséquilibre qui existe au plan économique entre les pays de la Caraïbe. Il pousse les dirigeants à mettre en place une politique de rapprochement, puis de coopération économique

1. L’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) (une coopération Sud –Sud).

La Convention créant l'AEC a été signée le 24 juillet 1994 à Carthagène, en Colombie, dans le but de promouvoir la consultation, la coopération et l'action concertée entre tous les pays de la Caraïbe. Elle compte 25 Etats Membres et trois Membres Associés.
Membres : Antigue-et-Barbude, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, la République dominicaine, Sainte-Lucie, Saint-Christophe et Nièves, Saint-Vincent et les Grenadines, le Salvador, le Surinam, Trinité-et-Tobago, le Venezuela.

Membres Associés : Aruba, la France (au titre de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique) et les Antilles néerlandaises.

Fonctions : renforcement du processus régional de coopération et d'intégration afin de créer un espace économique élargi dans la région ; préservation de l'intégrité environnementale de la mer des Caraïbes qui est considérée le patrimoine commun des peuples de la région ; et promotion du développement durable de la Grande Caraïbe. Ses secteurs prioritaires actuels sont le commerce, le transport, le tourisme durable et les catastrophes naturelles.

Plus de détails sur le site de l'AEC

2. Une intégration régionale de plus en plus encouragée par les pays du Nord, notamment les Etats-Unis.

a. La mise en place de l’institution financière : la Banque Caraïbe de Développement.
La « Banque Caraïbe de Développement » (C.D.B) a été créée en 1969 pour financer le développement et la politique de la CARICOM.(Caribbean Community and Common Market = marché commun des Antilles « anglophones » ).
Les actionnaires principaux de cette banque sont : les Etats-Unis, le Canada et le Royaume Uni. Une ouverture de capitaux de la banque est faite pour d’autres pays : la Colombie, le Venezuela, le Mexique et la France. Celle-ci s’est retirée après une quinzaine d’années (de 1984 à 1999).
L’avantage pour les pays actionnaires de la C.D.B c’est le fait que leurs entreprises participent aux appels d’offre. Les capitaux servent à financer par exemple : l’agriculture, le transport, l’économie, la culture, les études et l’assainissement. L’objectif principal de la C.D.B est de contribuer à l’essor économique des pays membres.

b. Le C.B.I.
L’objectif c’est de permettre l’entrée en franchise de douane sur le marché des Etats-Unis de marchandises en provenance de la Caraïbe, mais aussi de faciliter l’investissement des capitaux américains dans l’espace caribéen.
Même si la Caraïbe fut toujours perçue par les Etats-Unis comme son arrière cour.
Le CBI a notamment encouragé le développement de nombreuses zones franches industrielles en République dominicaine, en Haïti, aux Antilles anglophones, en Amérique centrale sur le modèle des maquiladoras au Mexique). Ce programme avait plus d’ambitions sur le papier, la réalité économique des pays ne changeait guère. Son mérite était de faire prendre conscience aux Etats-Unis que l’instabilité qui touchait certains pays de la Caraïbe trouvait son origine dans le sous-développement, la misère que dénonçaient les mouvements de guérilla d’inspiration marxiste.

c. L’ALENA.
Créé à l’initiative des Etats-Unis, il regroupe le Canada et le Mexique. L’ALENA rentre officiellement en vigueur le 1er Janvier 1994. Cet accord a été mis en place par les pays d’Amérique du Nord afin de concurrencer l’Union Européenne.
L’objectif de cet accord est l’abolition totale des droits de douane et des obstacles tarifaires entre les 3 pays. Bénéficiant de critères économiques et historiques similaires, l’accord entre les Etats-Unis et le Canada s’est fait facilement. Le Mexique n’a certes pas les mêmes critères (niveau de vie, structure économique, lien culturel etc.) mais il a séduit grâce à son organisation sociale peu contraignante et à l’ampleur de son marché de consommation.

d. LA ZLEA.
La Zone de Libre Echange des Amériques est née de la volonté des Etats-Unis et des autres pays des Amériques de créer une zone de libre échange reliant l’Alaska à la terre de feu. Cet accord touche donc les Etats d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale, d’Amérique du Sud et de la Caraïbe anglophone.
La ZLEA est un processus de collaboration entre 34 gouvernements démocratiques des Amériques. Cette collaboration doit veiller à la prospérité, la démocratie et la libéralisation des marchés pour les produits et les services dans l’hémisphère.
Le but et les objectifs de la ZLEA
La finalité des accords et des négociations de la ZLEA est la réalisation d’une zone de libre échange et d’intégration régionale dans les Amériques. A terme, cette zone devra concurrencer la zone de libre échange de l’Union Européenne sur le marché mondial.

Les objectifs de la ZLEA sont variés :
- « libéraliser le commerce en vue de générer la croissance économique et la prospérité, contribuant ainsi à l’expansion du commerce » ;
- « accroître la concurrence et améliorer les conditions d’accès aux marchés pour les produits et services des parties y compris dans le domaine des marchés publics » ;
- « promouvoir le développement d’une infrastructure hémisphérique qui facilite la circulation des produits, des services et des investissements » ;
- « générer une augmentation des niveaux d’échange de produits, de services et d’investissements des marchés par des règles » ;
- « éliminer les barrières au mouvement des capitaux et de gens d’affaire entre les parties » ;
- « éliminer les barrières, les restrictions et / ou les distorsions inutiles au libre échange entre les parties »

III. LES TERRITOIRES DE L’INTERFACE.

Nous proposons 4 exemples de territoire créés par l’interface. Chaque collègue pourra choisir un ou plusieurs exemples selon le temps dont il dispose.

Rappel : « dans l’interface se passent des phénomènes originaux entre les deux parties : modification de l’une par rapport à l’autre, exploitation de la différence par des villes, des entreprises, des populations entières… ».

1. Premier exemple : les zones franches industrielles en République Dominicaine.

L’interspatialité République Dominicaine-Amérique du Nord, dans le contexte de la mondialisation, a conduit depuis 50 ans à la création d’espaces de production spécialisés : les zones franches industrielles.

Il s’agit d’une politique délibérée :
L’Etat dominicain, depuis 1955 veut créer des emplois et développer les exportations. Pour attirer les investisseurs, des lois garantissent l’exemption du paiement des droits d’importation et d’exportation, les entreprises s’engagent à travailler pour l’exportation. L’Etat subventionne les entreprises nationales qui s’installent dans les ZFI. L’Etat achète des terrains, les équipe, y construit des bâtiments pour ensuite les louer aux entreprises.

L’essor date surtout de 1984 avec la mise en œuvre du CBI : la République Dominicaine est un pays à bas salaires qui intéresse les investisseurs américains. Dans le même temps, le Plan Reagan favorise les investissements américains à l’étranger, tout en facilitant l’entrée des produits caribéens, en franchise de douane, sur le marché des EU.

Répartition des entreprises par activité - 1989 - M. Burac - Les Cahiers d'Outre-Mer Janvier 1995.

Les activités privilégiées sont fortement consommatrices de main d’œuvre.
Dans les ZFI, les activités qui dominent sont le textile (la RD est le 1er centre d’assemblage textile d’Amérique). Les pièces de tissu sont prédécoupées aux EU et assemblées en RD par une main d’œuvre peu qualifiée et sous payée. Les composants électroniques, les chaussures, les cigares, obéissent à la même logique.
Plus récemment, des activités off shore se sont développées (traitement de données informatisées, services de télécommunications…) au service de maisons mères situées aux EU.
Le capital investi est majoritairement d’origine étrangère (84% en 1989) avec une nette domination des EU. Mais progressivement, comme dans les maquiladoras, les EU ont reculé devant des capitaux dominicains, panaméens, asiatiques, européens, qui ont gagné du terrain.
Les raisons du succès :

Salaire minimum mensuel dans les zones franches industrielles, fixé par le Ministère du Travail : 3561 pesos, oct. 2003.
En dollar US on divise par 32 soit : 111 dollars US x 0,76 € = 84€ = 554F

- abondance et faible coût de la main d’œuvre (84€ mensuels dans les ZFI en 2004).
- faible représentation syndicale sur les lieux de travail,
- existence de bonnes infrastructures portuaires routières et aéroportuaires (7 grands aéroports internationaux),
- modernisation des services (police, télécommunications, satellites…),
- exonération à 100% des droits de douane, des impôts et taxes,
- libre rapatriement du capital et des bénéfices,
- proximité des EU, plus grand centre de consommation du monde, la RD est à 2h de Miami, 3h de New York,
- CBI, ACP.

 

ICI UNE CARTE DES ZONES FRANCHES INDUSTRIELLES

DE LA REPUBLIQUE

DOMINICAINE EN COURS

D'ELABORATION

 

Le bilan.
Aujourd’hui, la RD occupe la 4ème place dans le monde avec plus de 50 zones franches (500 entreprises, la moitié sont états-uniennes, 206 000 employés, 4,7 millions de dollars d’exportation. La contribution des ZFI au développement économique de la RD est réelle : développement régional plus équilibré, amélioration de l’aménagement du territoire, cependant, il y a des limites :
- faible apport en matière de transfert de technologie,
- les EU achètent peu sur le marché local,
- coût social élevé : pour que les ZFI restent compétitives et éviter la délocalisation vers d'autres PVD, l’Etat doit maintenir les salaires à un niveau très bas : le développement économique et social général reste donc limité.

2. Deuxième exemple : un paradis fiscal, les Iles Caïmans.

Les paradis fiscaux de la Caraïbe sont un produit de l’histoire : depuis le XVIe siècle, les ports des petites îles ont toujours servi de refuge pour les flibustiers et trafiquants de tous bords.
Les Îles Caïmans sont aujourd’hui un des plus gros paradis fiscaux de la Caraïbe et du monde.

Document : voir :

"Estimation du nombre d'établissements financiers dans les paradis fiscaux de la Caraïbe", Revue Mappemonde consacrée au Bassin Caraïbe, n° 72, décembre 2003.

Deux autres documents :

Un paradis fiscal : Les Iles Caïmans.

L'archipel des Caïmans, situé à 300 kilomètres à l'ouest de la Jamaïque, est à peine plus étendu que les îles Saint-Pierre et Miquelon. Au nombre de trois, ces Caïmans n'avaient traditionnellement qu'une seule ressource, la pêche. Dans les années 60, alors qu'elles ne comptaient que 10 000 habitants, elles se sont tournées vers les services financiers et le tourisme. Elles ont alors commencé à faire parler d'elles. Peu à peu, les croisières et l'argent les ont adoptées comme lieu de séjour; et 25 ans plus tard, partout dans le monde, surtout aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, on disait des îles Caïmans qu'elles étaient un paradis, avec un climat céleste et une protection totale tant pour les personnes physiques que pour les entreprises et leurs capitaux.
Cette colonie britannique, pourvue d'une grande autonomie, n'alimentait son budget que par les droits de douane. Elle n'imposait aucun revenu et le secret bancaire était absolu. On disait couramment à George Town, la capitale, que le nom d'une personne ne devait paraître dans les journaux qu'à trois occasions: à sa naissance, à son mariage et à son décès. Et c'est ainsi qu'aux milliers de touristes qui venaient chaque année y faire escale s'étaient ajoutés des milliers d'entreprises qui y possédaient leur siège social et plus de 500 banques qui s'y livraient à toutes sortes de transactions que l'anonymat rendait abondantes, fructueuses et d'une discrétion exemplaire.
Le 5 juillet 1991, un coup de tonnerre explose dans l'azur des Caïmans: le gouvernement local ferme le siège social de la Bank for Credit and Commerce International et de deux institutions qui lui sont affiliées. Ce siège social relevait d'une banque dont le principal établissement était à Londres, mais dont les opérations se faisaient à partir du Luxembourg et des Caïmans. Une firme de vérificateurs de réputation mondiale venait de rendre publique une fraude gigantesque dont s'était présumément rendue coupable la BCCI et qui avait atteint des pays aussi lointains que le Pakistan et les émirats du Golfe. Cette fraude paraissait imputable aux barons colombiens de la drogue, aux trafiquants d'armes et même à la CIA.
...la BCCI s'est effacée. Mais le blanchiment de l'argent sale se poursuit et le système trouve toujours des milliers de personnes physiques et morales décidées d'en profiter aussi bien dans les Antilles qu'en Europe et en Asie.

André Patry, Le Devoir , 10 février 1998

Comment les mafias gangrènent l’économie mondiale.

L’argent peut facilement circuler par transfert électronique entre la société-mère et sa filiale enregistrée comme une société-écran dans un paradis fiscal. Des milliards de dollars provenant des établissements gestionnaires de fonds institutionnels (y compris les fonds de pensions, l’épargne des mutuelles et les fonds de trésorerie) circulent ainsi, passant tour à tour sur des comptes enregistrés au Luxembourg, dans les îles Anglo-Normandes, les îles Caïmans, etc. Conséquence de l’évasion fiscale, l’accumulation, dans les paradis fiscaux, d’énormes réserves de capitaux appartenant à de grandes sociétés est aussi responsable de l’accroissement du déficit budgétaire dans certains pays occidentaux.
L’ampleur du phénomène est impressionnante. Il existe quelque cinquante-cinq paradis fiscaux dans les principales régions du monde. A elles seules, les îles Caïmans constituent le cinquième centre bancaire mondial avec plus de banques et de sociétés enregistrées que d’habitants (1). Des capitaux considérables, provenant d’activités légales et criminelles, sont aussi déposés aux Bahamas, dans les îles Vierges britanniques, aux Bermudes et à Saint-Martin.

Le Monde diplomatique, décembre 1996, Michel CHOSSUDOVSKI.

(1) 39 000 hab. en 2002.


3. Troisième exemple : espaces touristiques à Cuba.

La zone caraïbe représente aujourd’hui une des régions les plus dynamiques du tourisme international.
Au sein de cette zone, Cuba connaît une montée en puissance sur le plan touristique même si l’île se situe derrière les ténors du tourisme comme Porto Rico, la République dominicaine, les Bahamas et la Jamaïque.
La clientèle n’est plus aujourd’hui états-unienne comme autrefois mais provient toujours des pays développés qu’ils soient du continent américain ou européen.

Quels types d’espaces touristiques sont créés par l’interface Nord-sud ?

3.1. La croissance du tourisme international

Chiffres du tourisme :
De 350 000 en 1990 à plus de 2 000 000 aujourd’hui.

Archipel de 110 922 km2 avec une île principale + île de la Jeunesse (ex-île des Pins) + 1600 îlots.
11 000.000 h.

a. Des atouts importants pour la clientèle potentielle.

La carte du relief

La Havane : la vielle ville.

Le climat chaud et la mer comme pour toute la zone caraïbe mais aussi la variété des milieux naturels (montagnes et plaines verdoyantes, falaises et cascades, plages de sable fin).
Patrimoine historique et culturel intéressants : La Havane et Trinidad inscrits au patrimoine mondial de l’ Unesco. Dans le centre ancien on observe un ensemble homogène de maisons avec des arcades, des balcons, des grilles en fer forgé et des cours intérieures.
Population accueillante.

b. Impulsion des autorités nationales.

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Hotel Nacional, La Havane.


Une galerie de portraits en noir et blanc orne les murs du bar du Nacional. Churchill, Tyrone Power, Errol Flyn, Marlon Brando, Hemingway, Sinatra, Ava Gardner... autant de personnalités qui ont séjourné à l'Hôtel Nacional de Cuba. C'était quand La Havane était la banlieue de Las Vegas, et que la mafia avait trouvé en ce lieu le moyen de contourner la prohibition et blanchir son argent sale (Meyer Lanski , Lucky Luciano..)

* Entre les années 1920 et 1950 Cuba connaissait un tourisme international relativement marginal et très lié aux EU (tourisme lié à la prostitution et aux jeux). A la fin des années 1950 Cuba accueillait 1/3 du tourisme de la zone caraïbe, soit environ 300 000 personnes par an, dont 90% de Nord-Américains. D’où chute de 98,5 % des entrées de touristes entre 1957 et 1961 (embargo américain). Après la révolution castriste de 1959, le gouvernement diversifie les activités et privilégie le tourisme national.


Pancarte dans l’école du tourisme de la Havane.


Carlos Lage = vice-président de Cuba. « La tâche principale du secteur touristique : préserver et accroître la morale révolutionnaire des cadres et des travailleurs du secteur »
* Retour sur le marché touristique international surtout après 1990 avec la disparition des régimes communistes amis d’Europe de l’Est et de l’URSS. Sans les importations en provenance des " pays frères ", Cuba connaît une grave crise économique.
Le ministère tourisme est créé en 1994. Le tourisme doit désormais procurer devises nécessaires pour acquisition matières premières de base (pétrole). Il est devenu le moteur du développement économique. Il fournit désormais la ½ des revenus de l’île.

En résumé, la croissance du tourisme international à Cuba : Atouts naturels + politique touristique + nécessité économique.

3.2. Création d’espaces touristiques majoritairement balnéaires



a. Des enclaves touristiques balnéaires

* Varadero


Construction d'hotels à Varadero.

A l’Est de la Havane, c’est une longue flèche de sable avançant dans l'Océan Atlantique.
A Varadero se concentre une grande part du parc hôtelier cubain. Sous l’impulsion de l’Etat, les équipements se sont multipliés. Aménagement (voirie, électricité, eau) de grandes zones touristiques dans les meilleurs sites littoraux pour retenir les investisseurs.
Massification du tourisme (Flux balnéotropiques et héliotropiques) et consommation croissante d’espace par équipements spacieux et multifonctionnels (accueil, boutiques, commerces, piscines, jardins)
Varadero fonctionne comme une enclave touristique.

* Cayo Largo

La plage de Cayo Largo (choisir une image sur Internet).

CAYO LARGO, UN SITE TOUJOURS TRÈS DEMANDÉ PAR LES TOURISTES
Plus de 30 000 visiteurs, notamment du Canada, d'Italie et d'Allemagne, ont été accueillis dans le pôle touristique de Cayo Largo. En 2003, la capacité hôtelière de cet îlot est de 952 chambres distribuées dans trois villages et sept hôtels. A la fin de l'année, une nouvelle installation de quatre étoiles, avec 306 chambres, ouvrira ses portes. Il sera géré par la chaîne hôtelière espagnole Barcelo.
Source : http://www.hello-caribbean.com/hello31/cuba.htm


Cayo Largo petit îlot calcaire à l'extrême Est de l'Archipel de Canarreos, ilôt de 25 km de long sur 3 km de large au plus. Un vingtaine de km de plages de sable blanc, au sud et au nord mangroves et marais. Pas d’habitants permanents en dehors des oiseaux et des iguanes.
Hôtels tous du côté sud (1000 chambres en tout), île quasiment déserte.
Les travailleurs cubains viennent de l’île de la jeunesse et sont logés dans des appartements dans un petit village (Isla del Sol) au nord-ouest de l’îlot. Ils y restent 20 jours avant de retourner chez eux pour 10 jours.
Un aéroport international pouvant accueillir les avions gros porteurs provenant principalement du Canada et de l'Europe.
La route principale, asphaltée relie l’aéroport, le village et les hôtels. En dehors ce sont des pistes.

b. Gros efforts récents pour une meilleure implantation des équipements touristiques sur le territoire (Pinar del Rio, Cienfuegos, Santiago) avec infrastructures hôtelières mieux intégrées au paysage.

Un croquis pour résumer les espaces touristiques à l’échelle nationale.

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4. Quatrième exemple : Miami, pôle majeur de l’interface

Travail préparatoire

Document : Miami, une capitale entre deux mondes.

« Miami n’est pas seulement la capitale de la Floride. C’est le cœur médiatique et financier de l’Amérique du Sud. Un paradoxe pour les deux Amériques : une ville du Nord peuplée de gens du Sud. A Los Angeles et à New York, les « Hispanics » sont nombreux, mais à Miami (2,3 millions), ils sont majoritaires : 57,3% de la population. Ils sont aussi de plus en plus mélangés, les six cents latinos américains arrivés au cours de la dernière décennie entre Miami et fort Lauderdale, juste au nord viennent désormais de tous les pays […] Ceux qui ont fait de la ville un point d’arrivée du Sud, lorsque la révolution cubaine a provoqué, en 1959, la première grosse immigration, vieillissent et commencent à passer la main. La « petite Havane », sur la 8e rue, devient pour beaucoup la « petite Managua ».
La ville offre aux entreprises latino-américaines une terre d’asile quand elles sont trop excédées par l’insécurité, les difficultés de change ou le manque de personnel qualifié. Cela génère des transferts d’activité et de personnel qui stimulent le marché immobilier.
Miami est une capitale sans monuments, excepté l’aéroport, avec ses liaisons directes vers 57 villes d’Amérique latine, et un immeuble jaune et gris, de six étages, sans fenêtres du centre ville : le Network Access Point (NAP), où aboutissent l’essentiel des câbles sous-marins, lignes téléphoniques et fibres diverses qui unissent le Sud au Nord et même à l’Europe. Comment faire d’une capitale archidominante dans les services, la capitale politique d’un continent ? C’est le problème que Jorge Arrizurieta doit résoudre. Il est directeur exécutif du « Florida Free Trade Area of the Americas » (FFTAA), un groupe de pression crée pour obtenir que la ville accueille le siège du marché commun allant de la terre de feu à l’Alaska, que les 34 pays des Amériques, à l’exception de Cuba, mettront en marche en 2005. « L’idée est d’être pour les Amériques ce que Bruxelles est pour l’Union européenne », explique-t-il. […] Gagner pour la ville, est une affaire profonde, elle suppose de changer d’Histoire. Jusqu’ici, elle n’a grandi que par les drames de l’Amérique Latine. Tout récemment encore : le peso coule en Argentine, une « petite Buenos Aires » apparaît à Miami Beach ; l’économie vénézuélienne s’arrête et l’ouest de l’aéroport prend l’accent de Caracas.
Avec les meilleures communications la population latino-américaine la plus variée, le deuxième nombre de bureaux de banques internationales (64) et de consulats (81) des deux Amériques après New York, les atouts de la ville sont évidents.
D’après Le Monde, 12 septembre 2003.

Questions :
1. La première phrase du texte est-elle exacte ? Justifiez votre réponse.
2. Comment se caractérise la population de Miami ? Pourquoi ?
3. Quels facteurs font de Miami un pôle d’attraction pour l’espace caribéen ?
4. Quels éléments, d’après l’article, jouent en faveur ou comme limites au projet de Jorge Arrizurieta pour Miami ? Pouvez-vous citer d’autres limites ?

Miami est une jeune métropole qui tire parti de sa situation.

Utiliser carte Bassin Caraïbe

* Décrire la situation de Miami dans l’espace états-unien, américain et dans la Caraïbe.
- Miami est située à l’extrémité de la péninsule floridienne,
- un coin enfoncé dans le bassin caribéen qui baigne dans le domaine tropical.
- Miami est aussi à la charnière des deux Amériques.
* Quels sont les avantages de cette position ?
- situation favorable au développement du tourisme
- situation favorable aux échanges (réutilisation des acquis du II)


4.1. Une « ville du Nord peuplée de gens du Sud »

Modeste cité vers la fin du XIXe siècle, l’agglomération a connu une croissance démographique très rapide : croissance de + de 21% entre 1990 et 2000 ; + de 40% de croissance entre 1980 et 2000.
L’agglomération qui compte aujourd’hui 3,9 millions d’habitants est la ville la plus peuplée, au sommet de la hiérarchie urbaine de la Floride ; sa composition originale résulte de vagues d’immigration successives.

* Question 2 du travail préparatoire
La capitale économique floridienne agit comme un aimant sur les populations latino- américaines dont l’afflux répond à des motivations diverses :
- Jouir de l’abondance offerte par gigantesques centres commerciaux et s’initier à l’American way of life. Miami est donc le lieu de séjour des bourgeoisies latino-américaines.
- Fuir une situation économique précaire, cette migration concerne des vagues de migrants de « l’autre Amérique » en attirés par le mirage de la « vraie Amérique »
- Trouver un refuge lors des crises politiques dans le pays d’origine : la croissance de Miami date de l’installation des exilés anticastristes, au début des années 60. A leurs flux se sont ajoutés ceux des Vénézuéliens, Colombiens, Porto-ricains, Centre-Américains et Mexicains, mais aussi des boat people fuyant Haïti, à partir de 1980.
L’agglomération abrite ainsi une population cosmopolite dont 60% sont d’origine « latino ».


Source : Revue Mapemonde, n° 72, décembre 2003.

Miami est après New York le pôle de concentration des immigrants venant du Bassin Caraïbe ; après avoir attiré des personnes aisées qui s’inséraient relativement bien dans la population (bilinguisme, exercice de professions libérales, participation à la vie politique), Miami retient aujourd’hui les plus pauvres et les moins qualifiés qui se dirigeaient auparavant vers New York ou la Californie.

Cette attraction traduit l’efficacité des dispositifs mis en place pour faciliter les déplacements des hommes, les échanges de marchandises, de capitaux et d’informations.

4.2. La porte d’entrée de la Caraïbe et de l’Amérique latine.

- travail préparatoire, question 3


- plan de Miami + photo du port de croisière
Photos du port de croisière sur Internet ou L'espace mondial geo terminales Magnard TES L S p 114-115
Magnard TS p150-151.


Plan de Miami


Après avoir repéré sur le plan les infrastructures consacrées aux flux d’hommes et de marchandises, caractérisez le niveau d’équipement de Miami.

Miami bénéficie d’un aménagement urbain et d’infrastructures performantes :
* Le troisième aéroport international des Etats-Unis : L’aéroport de Miami a un trafic de l’ordre de 31,7 millions de passagers en 2001 (8,5 millions par an au début des années 80). Ce trafic est presque exclusivement interne à la méditerranée américaine. En outre, reliée à 74 villes d’Amérique latine, Miami est le point de passage obligé, grâce à son hub aéroportuaire, entre la côte Est et l’Amérique latine pour les passagers et le fret (76% des exportations, 84% des importations entre les Etats-Unis et l’Amérique latine).

* Un port de marchandises au service de l’espace caraïbe et de l’Amérique latine : plus du tiers du commerce entre les Etats-Unis et le bassin caribéen passe par les ports de Floride et celui de Miami en particulier. Il s’agit d’un port d’éclatement qui traite les flux de marchandises les entrepose et les redistribue.


Exportations du port de Miami en 2003 (Statistiques du port).

* Le premier port de croisière du monde : le bassin caribéen s’affirme comme la grande aire récréative de proximité pour les Etats-Unis. Grâce au hub de l’aéroport international et à la plateforme multimodale qui se développe à proximité, Miami est la porte du tourisme de croisière de la Caraïbe pour une majorité de croisiéristes venus de tous les Etats-Unis et de Californie en particulier (le 1/4 du marché étatsunien de la croisière). 3,96 millions de croisiéristes en 2003.

* Miami est en outre :
- Un point nodal pour les télécommunications (texte : Miami, une capitale entre deux mondes)
- Une des premières places bancaires des EU avec soixantaine de banques internationales, américaines ou étrangères.

Profitant de l’accès direct et facile entre l’aéroport et le port maritime, des avantages fiscaux et de la disponibilité en capitaux, des zones franches industrielles et commerciales accueillent un nombre croissant d’entreprises.

4.3. Une capitale pour le bassin caribéen et les Amériques.

a. Le poids démographique, le cosmopolitisme de la population, l’intensité des échanges font de Miami une métropole incontestée pour l’espace caribéen. Compte tenu de cette expérience, de ses liens avec l’Amérique latine et de sa position entre les deux Amériques, elle a pour ambition de devenir la capitale des Amériques.

Texte travail préparatoire, question 4.
Symbole de cette ouverture sur le monde, le 1er sommet des Amériques s’est tenu à Miami en 1994.
b. Cependant ces ambitions de capitale continentale sont limitées par des freins variés :
* Une partie des flux financiers provient du blanchiment de l’argent de la drogue. En effet Miami est aujourd’hui le premier marché mondial de gros de la drogue et, selon la Drug Enforcement Administration, 70% des drogues importées aux Etats-Unis passent par cette métropole.
* Les origines variées des migrants font de Miami un carrefour culturel, mais ce peuplement sans enracinement profond et l’installation de nouveaux arrivants suscitent des tensions, en témoignent les émeutes raciales en 1968, 1980, 1989
* Un espace vulnérable : la Floride est soumise aux aleas cycloniques, une veille permanente est assurée par le NOAA, National Hurricane Center, de Miami.

c. Principale métropole de l’espace d’interface caribéen, Miami, à un autre niveau d’échelle, est elle-même une interface dont elle entend maximiser les effets pour jouer un rôle croissant dans la région.

* Il s’agit d’une grande métropole située au niveau supérieur de la hiérarchie urbaine : niveau de la décision économique, de la consultation (juridique, financière, médicale). Le lieu où les classes aisées investissent et consomment.

* une législation ultra-libérale, ignorant l’impôt sur le revenu, sauf la part fédérale, autorisant les comptes à numéros, le nom du titulaire n'apparaît pas (keepmail), l’installation de Banques étrangères qui s’ajoutent aux plus grosses banques des EU. Miami depuis 1981, place de réinvestissement des eurodollars, mais son statut de zone franche fait que les transactions échappent au contrôle fédéral sur les réserves et les taux d’intérêt.

* Les libertés fiscales ont provoqué un mouvement de déplacement des firmes transnationales installées sur la côte Est : les sièges des firmes qui ont des intérêts en Amérique latine sont à Miami pour les opérations latino-américaines.

Miami dont l’aire d’influence limitée à l’intérieur des EU a mis en place Un système d’activités fondé sur l’exploitation de la position géographique et englobe à l’extérieur tout le bassin caribéen : Amérique centrale de Belize au Panama, Nord de la Colombie Venezuela et ensemble des Etats de la caraïbe et des Guyanes. Outre ce rôle régional, c’est l’ensemble de l’Amérique latine qui est dans l’aire d’influence économique des groupes dirigeants Nord et latino-américains installés à Miami. (Michel Foucher, la Méditerranée américaine, Hérodote n° 27, 1982).

Cependant si Miami est sans conteste la capitale du bassin caribéen, peut-elle devenir la capitale des Amériques ?
Miami est le point le plus proche de la côte colombienne à vol d’avionnette, et les milliers de « Keys » semblent difficilement contrôlables.

Ville mondiale, ville globale : une ville mondiale est une ville qui a la capacité d’exercer une influence au niveau mondial. La notion de ville mondiale ne repose pas seulement sur des critères quantitatifs (nombre d’habitants ou valeur de la production) mais surtout sur le rôle joué dans le fonctionnement du système mondial : sièges de FTN, grandes places boursières, marchés majeurs de capitaux, concentration d’activités du tertiaire.
Ce n’est pas l’importance de la population qui fait la ville mondiale ou globale mais son intégration dans l’économie mondiale : cosmopolitisme, savoir-faire et faire savoir (communications) aménités, liaisons au reste du monde, services rares (experts, avocats internationaux, interprètes).

La Floride est l’interface majeure avec les Caraïbes et l’Amérique latine. Miami en tire une fonction de synapse et de second centre financier des Etats-Unis.
Retraités attirés par une vie sans hiver. Emplois dans l’industrie. Des loisirs (plages de sable fin, parcs d’attraction, croisières) sont un autre moteur de la croissance.
Miami vit désormais davantage de son rôle de pôle d’échange avec le monde latino américain que du tourisme qui a fait sa fortune initiale.
Miami centre moteur de l’espace Caraïbe : cf. p. 128 Géographie terminales ES-L, Magnard 2004.
La Floride est le premier gisement touristique du pays avec 40 M de touristes par an Géographie terminales, Magnard 1998 p. 128.
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Photo du port de marchandise de Miami doc 2 p 128 Magnard ES-L
des échanges entre légalité et trafic d’illicites

Cette métropole est un point de rencontre entre Nord et Sud au niveau régional et mondial : ce phénomène de carrefour peut être étudié à travers les espaces urbains, portuaires et aéroportuaires
Toutes les nations d’Amérique latine sont représentées à Miami : on a assisté à une latinisation » d’une partie de l’espace urbain.
Les plates-formes aéroportuaires et portuaires de Miami jouent un rôle important pour la distribution des marchandises et des passagers en direction des Caraïbes et, plus largement, de l’Amérique latine : premier port de croisière du monde et aéroport de transit (hub).


Conclusion

L’espace caribéen est bien une interface Nord/Sud : les inégalités de développement génèrent des flux et amènent la création d’espaces spécifiques de l’interface.
Il existe dans le monde d’autres interfaces où l’on observe les mêmes phénomènes : le bassin méditerranéen, la mer de Chine…