(1)
Une valeur de 99.0 % est appliquée pour le calcul de
l’IDH.
(2) IDH : 1995, PIB, esp. de vie : chiffres INSEE.
Sources : ONU
1. Quel
critère majeur justifie le classement en 3 groupes
(de niveau de développement humain
différent) ?
2. Repassez
en rouge sur la carte les contours (entourez en rouge pour
les petits Etats insulaires) les pays dont l’IDH est
élevé.
Repassez en vert sur la carte les contours les pays dont l’IDH
est inférieur à la moyenne mondiale.
3. Comment
expliquer de telles différences d’IDH entre les
pays ?
Comparez et analyser les IDH de Cuba, d’Antigua et du
Mexique ?
4. A l’aide
du tableau de l’IDH, tracer une ligne ( ligne continue
rouge) témoignant selon vous de la limite Nord-Sud
dans l’EC.
Comparez avec la limite proposée dans votre manuel.
Qu’en pensez-vous ?
5. Quel
intérêt apporte l’étude du tracé
de la limite N/S à une échelle mondiale et à
une échelle régionale ?
Correction
du travail préparatoire n°1 :
1. Ces
territoires nous semblent rassembler un certain nombre de
caractéristiques communes : la colonisation, un système
de plantation esclavagiste, des langues créoles, la
nourriture, la musique…Il est possible de trouver d’autres
points communs : des sociétés multiculturelles,
métissées, l’influence des EU….
2. Il
est possible de distinguer différents ensembles :
- Les espaces appartenant à des Etats continentaux
:
---> Les petits Etats isthmiques
---> Les grands Etats continentaux
- Les espaces insulaires :
---> Les Grandes Antilles
---> Les Petites Antilles
Donner
des exemples d’Etats pour chacun des ensembles.
Un schéma
peut compléter la correction. Il permet de localiser
quelques pays :
LE BASSIN
CARIBEEN

3. L’EC
est un espace littoral et insulaire qui regroupe l’ensemble
des territoires qui se situent autour d’une mer intérieure
constituée du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes.
L’ EC est aussi appelé « Grande Caraïbe
». Les limites de l’EC varient en fonction des
problématiques. Au-delà des éléments
objectifs cités ci-dessus, la notre a nécessité
l’intégration des EU.
4.
Voir la carte. L’EC est une zone de fracture, d’interface.
Les EU se situent au Nord, le reste des pays au SUD.
Interface
: Espace de contact qui met en relation deux ensembles géographiques
provoquant des phénomènes de rupture et d’échanges.
NB. :
La notion d’interface est donnée à priori.
Elle s’éclaire par le travail réalisé
dans la première partie.
Problématique
: Dans quelle mesure l’EC est-il une interface Nord-Sud
?
L’interface
Nord/Sud
| I.
L’ESPACE CARIBEEN, UNE DISCONTINUITE NORD/SUD |
Quelles
différences de développement existent entre
les différents Etats de l’EC ? Peut-on distinguer
un Nord et un Sud ?
Correction
du travail préparatoire n°2 :
1. L’IDH,
rappel de la définition. L’IDH est la combinaison
de trois critères : espérance de vie, taux d’alphabétisation
et PIB par habitant. En conséquence, la variation d’un
critère se répercute sur la valeur de l’IDH…
NB : l’IDH des DFA correspond à celui de la France.
L’ONU ne donne pas l’IDH de Porto-Rico. ( à
chercher ailleurs… )
2. Voir
la carte.
3. L’EC
regroupe des Etats de niveaux de développement très
différents comme par exemple :
les EU : une grande puissance :
le Mexique : un pays émergent
Trinidad et Tobago : un petit Etat insulaire disposant de
ressources particulières comme le pétrole et
le gaz.
Les autres Etats avec des IDH élevés sont spécialisés
dans le tourisme ou les services, en particulier financiers.
La Dominique : un pays en voie de développement disposant
de peu de ressources. Notons que les pays en voie de développement
de l’EC affichent pour la plupart des niveaux d’IDH
supérieurs à la moyenne mondiale. Malgré
des activités économiques souvent peu dynamiques
(agriculture grosse consommatrice de main - d’œuvre,
secteur administratif et tertiaire informel important…)
ces Etats ont réalisé de gros efforts pour promouvoir
la scolarisation et assurer un niveau sanitaire convenable
à leurs populations.
Haïti : l’un des pays les plus pauvres de la planète.
Des pays
comme Cuba, Antigua ou le Mexique ont un IDH relativement
proche. Cependant de grandes différences existent entre
les deux critères sociaux et le critère économique.
A Cuba est un pays pauvre qui a de longue date privilégié
le niveau d’instruction et la protection sanitaire de
sa population. Un IDH faible n’empêche donc pas
un bon niveau de scolarisation et de santé. Bref, à
Cuba on vit vieux avec un niveau d’instruction relativement
correct mais … dans une certaine pauvreté.
La différence est encore plus frappante avec les Bahamas.
4. La
limite Nord/Sud tracée à partir de l’IDH
est relativement sinueuse. La diversité des situations
des petits Etats insulaires rend difficile le tracé
d’une limite rectiligne.
Ainsi, celle proposée par le manuel peut paraître
quelque peu arbitraire. Elle a sans doute l’intérêt
de simplifier l’opposition Nord/Sud. Des Etats comme
Barbade, Trinidad et Tobago (ou encore les DFA) sont ainsi
classés dans les Etats du SUD !
Les mêmes remarques peuvent être effectuées
pour d’autres zones de contact N / S, ailleurs dans
le monde.
5. Le
tracé de la limite N/S dépend de l’échelle
choisie. Le passage à une échelle régionale
rend l’analyse plus fine et donne à l’opposition
N/S une nouvelle réalité.
Activité
complémentaire :
Il est
possible d’utiliser d’autres critères pour
distinguer les pays du Nord, des pays du Sud (PIB, taux d’alphabétisation,
répartition de la population active…). La question
de la discrétisation reste à régler.
On obtiendrait alors un faisceau de courbes, concrétisation
de l’ «épaisseur » de l’interface,
davantage qu’une ligne de rupture N / S. La complexité
et la richesse du sujet ne doivent pas remettre en question
notre projet.
Transition :
L’interface forme une limite entre deux espaces. Cette
discontinuité est source d’échanges.
| II.
LE FONCTIONNEMENT DE L'INTERFACE. |
Travail
préparatoire possible :
Trouver dans la presse, un article concernant un des flux
intéressant l’EC. Justifier votre choix.
Travail méthodologique : le schéma
doit mettre en évidence l’interface Nord/Sud
par le biais des flux.
L’espace
caribéen se présente comme une aire de transit,
à l’interface de l’Amérique anglo-saxonne
et de l’Amérique latine mais aussi à l’interface
des deux océans mondes (canal de Panama).

1ère
possibilité : A partir des articles trouvés,
faire une typologie des flux,
Ou
2ème possibilité : Partir de l’article
qui suit : « Naufrage d’une saintoise avec des
clandestins » France Antilles Guadeloupe de décembre
2004 + manuel lycée Antilles-Guyane.
•
Quels types de flux ?
• D’où viennent-ils, vers où vont-ils
?
--->Nombreux
flux générés par l’inégalité
Nord/Sud
En
Guadeloupe, naufrage d’une saintoise avec des
clandestins
Une
barque de pêche avec 16 passagers à bord
a fait naufrage samedi dans le canal des Saintes. L’embarcation
transportait des clandestins en provenance d’Haïti
et de Saint-Domingue.
Une
embarcation en perdition, découverte dans le
canal des Saintes, transportait pas moins de 16 personnes,
dont la plupart étaient des clandestins d’origine
haïtienne. C’est samedi, vers 9 h 45, que
le Cross AG a été informé par un
pêcheur guadeloupéen de la découverte
d’une saintoise partiellement immergée
aux abords de laquelle se trouvaient une dizaine de
personnes. La barque de pêche, chargée
d’eau, dérivait lentement à la sortie
ouest du canal des Saintes.
Le Cross AG a déclenché immédiatement
les opérations nécessaires à la
récupération des naufragés. Deux
hélicoptères (gendarmerie et sécurité
civile), deux canots de la société nationale
de sauvetage en mer (SNSM) et une vedette des douanes
ont été mobilisés. Les investigations
menées à l’intérieur de la
saintoise juste avant qu’elle ne coule ont permis
de découvrir deux autres personnes souffrant
d’hypothermie, qui ont été hélitreuillées
à bord de 1’hélicoptère de
la gendarmerie et évacuées sur l’hôpital
de Pointe-à-Pitre. Durant leur transport vers
Basse-Terre, les 13 autres naufragés avisaient
le Cross AG qu’un des leurs avait sauté
à la mer dans la nuit, accroché à
un bidon.
Le canot de la SNSM retrouvait le naufragé encore
en vie et dans un état de santé satisfaisant
à 14 h 40.
L’enquête a été confiée
à la gendarmerie. A l’exception des deux
personnes évacuées par hélicoptère,
toutes les autres ont été placées
en garde à vue. Elles devraient faire l’objet
de reconduite à la frontière.
R.L. France Antilles édition Guadeloupe,
décembre 2004
|
1.
Les flux de marchandises.
a. Les échanges Sud/Nord portent essentiellement
sur des produits bruts : hydrocarbures
du Venezuela, produits tropicaux d’Amérique centrale
et des Antilles. Forte polarisation de ces flux vers les EU
et secondairement l’Europe.
b. Les échanges Nord/Sud sont constitués
de produits manufacturés et de services.
---> Des échanges inégaux qui reflètent
l’inégal développement des Etats.
Carte
2 p. 83 et doc n°1 p. 82 du manuel Hatier.
c.
Le transport maritime occupe une place prépondérante
dans ces échanges : 80% du volume et plus
pour l’ensemble insulaire.
- les ports de transbordement ou hub : San Juan, porte d’entrée
du bassin caribéen, Miami, Houston, Panama, Freeport,
Kingston.
- les relais secondaires traitant un trafic plus régional
: Port of Spain, ports des Petites Antilles
---> atout majeur dans un contexte de mondialisation.
Placer
sur le fond de carte, les principaux hubs et quelques ports
secondaires.
2. Les flux migratoires.
Nées de fortes disparités de développement
et favorisées par le développement considérable
des moyens de transport aériens, les migrations intra
et extra caraïbes renforcent l’interdépendance
Nord/Sud.
Doc
1 p. 92 du manuel Hatier, Taux de migration dans la Caraïbe.
a.
Les soldes migratoires sont souvent négatifs (sauf
quelques îles proches des EU), mais hétérogènes
(Martinique : - 0.1‰ ; Guyana : - 20.14‰). --->L’espace
« Sud » du Bassin Caraïbe est donc une zone
de départ.
Carte p. 90
b. Vers quels pôles récepteurs ?
---> vers l’Europe surtout jusque
vers les années 70 ( contrôle de l’immigration,
dégradation économique ). Cela concerne environ
1.5 millions de personnes :
300 000 aux Pays Bas ( Surinam, Antilles néerlandaises
)
600 000 en GB ( Jamaïque, Trinidad, Guyana…)
400 000 en France ( DFA )
Ces migrations se font vers les Etats ayant gardé des
liens privilégiés avec les territoires caribéens.
---> vers l’Amérique du Nord
: 8 millions de personnes :
400 000 vers le Canada ( Antilles anglophones, Haïti
)
7.5 millions vers les EU ( tout le Bassin sauf les DFA )
--->véritable polarisation des flux migratoires
: proximité géographique
puissance économique.
---> les mouvements intra-régionaux
: environ 600000.
- ils sont beaucoup moins importants malgré la
proximité et reflètent les différents
niveaux de vie.
(Bassin caraïbe oriental versTrinidad ; Ste Lucie, Dominique
vers Martinique, Guadeloupe ; Trinidad, Antilles Néerlandaises
vers Venezuela ; Guyana, Surinam vers Guyane ; Haïti
vers partout, véritable diaspora) ---> Les deux
principaux pays d’accueil sont la Guyane et le Venezuela.
- on observe aussi des chaînes migratoires : St Vincent
---> Barbade ---> Trinidad ---> GB
Antigua ---> Barbuda ---> Iles Vierges ---> P. Rico
---> EU.
Les migrations sont essentiellement Sud / Nord.
c.
Les causes de départ : faire parler les élèves
+ article du France-Antilles
--->socio-économiques :
- économie déstructurée par les difficultés
économiques liées à la crise de l’économie
de plantation - pauvreté,
- chômage,
- nouvelle législation EU (1967) et Canada (1965) pour
faciliter l’emploi temporaire,
- attrait de la richesse occidentale : meilleures conditions
de vie = « Eldorado » pour tous ces jeunes de
mieux en mieux formés qui ne trouvent pas de travail.
- catastrophes naturelles (Montserrat)
--->
politiques :
- guerres civiles : Nicaragua, Salvador,
- instabilité des régimes dictatoriaux : Haïti,
Rép Dominicaine, Cuba,
--->
Ces migrants sont essentiellement des travailleurs qualifiés
ou non et des réfugiés.
Ces migrations renforcent l’interdépendance Nord
/ Su dans l’espace caribéen..
3.
Les flux touristiques.
«
Je n’ai jamais vu de pays plus beau. Des feuilles de
palmier si grandes qu’elles servent de toit aux maisons,
sur la plage, des milliers de coquillages nacrés. Une
eau limpide, et toujours la même symphonie étourdissante
du chant des oiseaux. »
Demander
aux élèves d’où cela peut-il être
tiré : dépliant publicitaire…
Cela est extrait des récits laissés par C. Colomb,
premier voyageur occidental…
Aujourd’hui,
la nouvelle industrie de la Caraïbe est le tourisme :
jouent en sa faveur, les qualités de son climat, de
ses paysages, la proximité du gisement de clientèle
(populations à haut niveau de vie de l’Amérique
du nord), la proximité historique et culturelle (population
européenne) et l’absence de conflits armés.
--->Utiliser
«
L'Atlas Caraïbe» Nouveaux secteurs de développement.
a.
Des économies inégalement dépendantes
du tourisme.
* Si les
activités touristiques sont présentes presque
partout dans le Bassin Caraïbe, le poids occupé
par le tourisme dans l’ensemble de l’économie
est très variable : Pour plusieurs îles de la
Caraïbe c’est la 1ère activité économique
: Les Bahamas, les Caïmans (40% du PIB), Mexique (10%
de la pop active), 20 millions de touristes / an dans les
Grandes et Petites Antilles (Ste Lucie, Barbade 20% de la
pop active et Jamaïque, Grenade, Martinique, Guadeloupe
10%).
* Les
investissements pour le tourisme se multiplient et de grands
groupes internationaux s’y engagent (IDE).
b.
Les formes du tourisme.
* Tourisme
massivement balnéaire : Varadero à
Cuba, Cancun au Mexique, Sainte Anne en Martinique.
* Tourisme
de croisière : la plupart des navires de croisière
partent de Floride (Miami) mais aussi de New York et de certains
ports des Antilles (Montego Bay, San Juan). Bon nombre de
régions des Caraïbes (Guadeloupe) essaient d’attirer
ces navires (créer une escale nécessite moins
d’investissements que la construction d’une station
balnéaire).
c.
Les flux touristiques.
* Presque
toutes les régions du pourtour de la Caraïbe et
de l’arc antillais ont cherché à exploiter
leur potentiel touristique. Les principales destinations sont
:
- sur le continent : la Floride, destination principale, 40
millions de visiteurs/an), le Yucatan, la Nouvelle-Orléans.
- dans l’archipel : les Bahamas (3.5 millions/an), les
îles Vierges US et Porto Rico (2 millions) la Jamaïque
(1.5 million). Viennent ensuite la Barbade, la Martinique
(500 000), les Caïmans, Aruba, les Bermudes dont le niveau
est moindre.
* La
majeure partie des touristes proviennent des EU : ils
vont dans les territoires géographiquement proches.
Cette prédominance est beaucoup moins nette dans les
territoires plus éloignés (Petites Antilles
et pays Sud Américains) tandis que la part des touristes
européens s’accroît.
---> tous ces flux touristiques sont globalement orientés
Nord-Sud.
4.
Les flux illicites.
L’espace
caribéen est un espace majeur de production et
de transit.
a.
Rôle mondial dans l’organisation du réseau
des points d’appui en marge de la légalité
(paradis fiscaux…).
* Sur 23 pays identifiés comme les plus gros producteurs
mondiaux ou lieux de transit des stupéfiants (Bureau
des narcotiques, Département d’Etat des EU 2003
) 9 se situent dans l’espace caribéen.
* Sur 53 pays identifiés comme les plus actifs dans
le blanchiment, 12 (souvent des micros Etats) se situent dans
l’espace caribéen.
Ce rôle majeur dans la production et la distribution
des substances illicites s’explique par la proximité
du marché nord américain, 1er consommateur de
cocaïne (produite essentiellement en Colombie).
* 30% du PIB des Etats caribéens dépendraient
des activités illicites et illégales ( 10% drogue,
blanchiment et autres activités : enlèvements,
trafics d’armes, de pierres précieuses, corruption,
racket…).
Carte
1 p. 8 du manuel Hatier ou «
Atlas Caraïbe» zones franches, paradis fiscaux,
et trafics illicites.
3
faisceaux principaux :
- faisceau continental : le plus actif. Par l’isthme
--->EU. Le Yucatan joue un rôle central.
- faisceau antillais : les Petites Antilles sont un relais
vers l’Europe et vers les EU via Porto Rico ou la République
Dominicaine.
les Grandes Antilles : Cuba et Haïti, stockage et transit.
Porto Rico ( son statut ), dernière escale vers les
EU.
- faisceau atlantique : Colombie ---> Venezuela--->
Europe , Afrique.
b.
Zone de départ et de transit majeur des clandestins.
Le mythe
de « l’Eldorado » ou plus simplement la
survie alimentent le flux de clandestins.
La presse,
les médias se font souvent l’écho d’évènements
dramatiques. ( cf. article France Antilles ) : - les «
balseros » réfugiés cubains à bord
de radeaux de fortune « les balsas ».
- les « boat people » interceptés en mer
par les gardes-côtes américains
- les « wet backs» mexicains : cf. document 9
p. 22 Géographie seconde, édition Magnard,2001
: Mur où il y a la liste des Mexicains morts pour avoir
essayé de franchir la frontière.
…
Malgré les lois de plus en plus sévères
(surtout aux EU) et les dangers liés aux conditions
de transfert, les flux de clandestins se font de plus en plus
nombreux.
Tous
ces flux sont le reflet des inégalités Nord/Sud
et font de l’espace caribéen, une interface Nord/Sud.

Y
a-t-il de la part des Etats, une volonté de réduire
ces inégalités par l’intégration
?
| B.
De l’intégration régionale Sud-Sud
à l’intégration régionale Nord-Sud. |
Utiliser
les documents 2 et 4 du manuel Hatier p.81
La mise
en place d’une politique d’intégration
régionale est liée au déséquilibre
qui existe au plan économique entre les pays de la
Caraïbe. Il pousse les dirigeants à mettre en
place une politique de rapprochement, puis de coopération
économique
1.
L’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) (une
coopération Sud –Sud).
La Convention
créant l'AEC a été signée le 24
juillet 1994 à Carthagène, en Colombie, dans
le but de promouvoir la consultation, la coopération
et l'action concertée entre tous les pays de la Caraïbe.
Elle compte 25 Etats Membres et trois Membres Associés.
Membres : Antigue-et-Barbude, les
Bahamas, la Barbade, le Belize, la Colombie, le Costa Rica,
Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti,
le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Nicaragua, le
Panama, la République dominicaine, Sainte-Lucie, Saint-Christophe
et Nièves, Saint-Vincent et les Grenadines, le Salvador,
le Surinam, Trinité-et-Tobago, le Venezuela.
Membres
Associés : Aruba, la France (au titre
de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique) et les
Antilles néerlandaises.
Fonctions
: renforcement du processus régional de coopération
et d'intégration afin de créer un espace économique
élargi dans la région ; préservation
de l'intégrité environnementale de la mer des
Caraïbes qui est considérée le patrimoine
commun des peuples de la région ; et promotion du développement
durable de la Grande Caraïbe. Ses secteurs prioritaires
actuels sont le commerce, le transport, le tourisme durable
et les catastrophes naturelles.
Plus
de détails sur le site de l'AEC
2.
Une intégration régionale de plus en plus encouragée
par les pays du Nord, notamment les Etats-Unis.
a.
La mise en place de l’institution financière
: la Banque Caraïbe de Développement.
La « Banque Caraïbe de Développement »
(C.D.B) a été créée en 1969 pour
financer le développement et la politique de la CARICOM.(Caribbean
Community and Common Market = marché commun des Antilles
« anglophones » ).
Les actionnaires principaux de cette banque sont : les Etats-Unis,
le Canada et le Royaume Uni. Une ouverture de capitaux de
la banque est faite pour d’autres pays : la Colombie,
le Venezuela, le Mexique et la France. Celle-ci s’est
retirée après une quinzaine d’années
(de 1984 à 1999).
L’avantage pour les pays actionnaires de la C.D.B c’est
le fait que leurs entreprises participent aux appels d’offre.
Les capitaux servent à financer par exemple : l’agriculture,
le transport, l’économie, la culture, les études
et l’assainissement. L’objectif principal de la
C.D.B est de contribuer à l’essor économique
des pays membres.
b.
Le C.B.I.
L’objectif c’est de permettre l’entrée
en franchise de douane sur le marché des Etats-Unis
de marchandises en provenance de la Caraïbe, mais aussi
de faciliter l’investissement des capitaux américains
dans l’espace caribéen.
Même si la Caraïbe fut toujours perçue par
les Etats-Unis comme son arrière cour.
Le CBI a notamment encouragé le développement
de nombreuses zones franches industrielles en République
dominicaine, en Haïti, aux Antilles anglophones, en Amérique
centrale sur le modèle des maquiladoras au Mexique).
Ce programme avait plus d’ambitions sur le papier, la
réalité économique des pays ne changeait
guère. Son mérite était de faire prendre
conscience aux Etats-Unis que l’instabilité qui
touchait certains pays de la Caraïbe trouvait son origine
dans le sous-développement, la misère que dénonçaient
les mouvements de guérilla d’inspiration marxiste.
c.
L’ALENA.
Créé à l’initiative des
Etats-Unis, il regroupe le Canada et le Mexique. L’ALENA
rentre officiellement en vigueur le 1er Janvier 1994. Cet
accord a été mis en place par les pays d’Amérique
du Nord afin de concurrencer l’Union Européenne.
L’objectif de cet accord est l’abolition totale
des droits de douane et des obstacles tarifaires entre les
3 pays. Bénéficiant de critères économiques
et historiques similaires, l’accord entre les Etats-Unis
et le Canada s’est fait facilement. Le Mexique n’a
certes pas les mêmes critères (niveau de vie,
structure économique, lien culturel etc.) mais il a
séduit grâce à son organisation sociale
peu contraignante et à l’ampleur de son marché
de consommation.
d.
LA ZLEA.
La Zone de Libre Echange des Amériques est née
de la volonté des Etats-Unis et des autres pays des
Amériques de créer une zone de libre échange
reliant l’Alaska à la terre de feu. Cet accord
touche donc les Etats d’Amérique du Nord, d’Amérique
Centrale, d’Amérique du Sud et de la Caraïbe
anglophone.
La ZLEA est un processus de collaboration entre 34 gouvernements
démocratiques des Amériques. Cette collaboration
doit veiller à la prospérité, la démocratie
et la libéralisation des marchés pour les produits
et les services dans l’hémisphère.
Le but et les objectifs de la ZLEA
La finalité des accords et des négociations
de la ZLEA est la réalisation d’une zone de libre
échange et d’intégration régionale
dans les Amériques. A terme, cette zone devra concurrencer
la zone de libre échange de l’Union Européenne
sur le marché mondial.
Les objectifs
de la ZLEA sont variés :
- « libéraliser le commerce en vue de générer
la croissance économique et la prospérité,
contribuant ainsi à l’expansion du commerce »
;
- « accroître la concurrence et améliorer
les conditions d’accès aux marchés pour
les produits et services des parties y compris dans le domaine
des marchés publics » ;
- « promouvoir le développement d’une infrastructure
hémisphérique qui facilite la circulation des
produits, des services et des investissements » ;
- « générer une augmentation des niveaux
d’échange de produits, de services et d’investissements
des marchés par des règles » ;
- « éliminer les barrières au mouvement
des capitaux et de gens d’affaire entre les parties
» ;
- « éliminer les barrières, les restrictions
et / ou les distorsions inutiles au libre échange entre
les parties »
| III.
LES TERRITOIRES DE L’INTERFACE. |
Nous proposons
4 exemples de territoire créés par l’interface.
Chaque collègue pourra choisir un ou plusieurs exemples
selon le temps dont il dispose.
Rappel
: « dans l’interface se passent des phénomènes
originaux entre les deux parties : modification de l’une
par rapport à l’autre, exploitation de la différence
par des villes, des entreprises, des populations entières…
».
1.
Premier exemple : les zones franches industrielles en République
Dominicaine.
L’interspatialité
République Dominicaine-Amérique du Nord, dans
le contexte de la mondialisation, a conduit depuis 50 ans
à la création d’espaces de production
spécialisés : les zones franches industrielles.
Il s’agit
d’une politique délibérée :
L’Etat dominicain, depuis 1955 veut créer des
emplois et développer les exportations.
Pour attirer les investisseurs, des lois garantissent l’exemption
du paiement des droits d’importation et d’exportation,
les entreprises s’engagent à travailler pour
l’exportation. L’Etat subventionne les entreprises
nationales qui s’installent dans les ZFI. L’Etat
achète des terrains, les équipe, y construit
des bâtiments pour ensuite les louer aux entreprises.
L’essor
date surtout de 1984 avec la mise en œuvre du CBI
: la République Dominicaine est un pays à bas
salaires qui intéresse les investisseurs américains.
Dans le même temps, le Plan Reagan favorise les investissements
américains à l’étranger, tout en
facilitant l’entrée des produits caribéens,
en franchise de douane, sur le marché des EU.
Répartition
des entreprises par activité - 1989 - M. Burac - Les
Cahiers d'Outre-Mer Janvier 1995.
Les
activités privilégiées sont fortement
consommatrices de main d’œuvre.
Dans les ZFI, les activités qui dominent sont le textile
(la RD est le 1er centre d’assemblage textile d’Amérique).
Les pièces de tissu sont prédécoupées
aux EU et assemblées en RD par une main d’œuvre
peu qualifiée et sous payée. Les composants
électroniques, les chaussures, les cigares,
obéissent à la même logique.
Plus récemment, des activités off
shore se sont développées (traitement
de données informatisées, services de télécommunications…)
au service de maisons mères situées aux EU.
Le capital investi est majoritairement d’origine étrangère
(84% en 1989) avec une nette domination des EU. Mais progressivement,
comme dans les maquiladoras, les EU ont reculé devant
des capitaux dominicains, panaméens, asiatiques, européens,
qui ont gagné du terrain.
Les raisons du succès :
Salaire
minimum mensuel dans les zones franches industrielles,
fixé par le Ministère du Travail : 3561
pesos, oct. 2003.
En dollar US on divise par 32 soit : 111 dollars US x
0,76 € = 84€ = 554F |
- abondance
et faible coût de la main d’œuvre (84€
mensuels dans les ZFI en 2004).
- faible représentation syndicale sur les lieux de
travail,
- existence de bonnes infrastructures portuaires routières
et aéroportuaires (7 grands aéroports internationaux),
- modernisation des services (police, télécommunications,
satellites…),
- exonération à 100% des droits de douane, des
impôts et taxes,
- libre rapatriement du capital et des bénéfices,
- proximité des EU, plus grand centre de consommation
du monde, la RD est à 2h de Miami, 3h de New York,
- CBI, ACP.
ICI
UNE CARTE DES ZONES FRANCHES INDUSTRIELLES
DE
LA REPUBLIQUE
DOMINICAINE
EN COURS
D'ELABORATION
Le
bilan.
Aujourd’hui, la RD occupe la 4ème place dans
le monde avec plus de 50 zones franches (500 entreprises,
la moitié sont états-uniennes, 206 000 employés,
4,7 millions de dollars d’exportation. La contribution
des ZFI au développement économique de la RD
est réelle : développement régional plus
équilibré, amélioration de l’aménagement
du territoire, cependant, il y a des limites :
- faible apport en matière de transfert de technologie,
- les EU achètent peu sur le marché local,
- coût social élevé : pour que les ZFI
restent compétitives et éviter la délocalisation
vers d'autres PVD, l’Etat doit maintenir les salaires
à un niveau très bas : le développement
économique et social général reste donc
limité.
| 2.
Deuxième exemple : un paradis fiscal, les Iles
Caïmans. |
Les paradis
fiscaux de la Caraïbe sont un produit de l’histoire
: depuis le XVIe siècle, les ports des petites îles
ont toujours servi de refuge pour les flibustiers et trafiquants
de tous bords.
Les Îles Caïmans sont aujourd’hui un des
plus gros paradis fiscaux de la Caraïbe et du monde.
Document
: voir :
"Estimation
du nombre d'établissements financiers dans les paradis
fiscaux de la Caraïbe", Revue Mappemonde consacrée
au Bassin Caraïbe, n° 72, décembre 2003.
Deux
autres documents :
Un
paradis fiscal : Les Iles Caïmans.
L'archipel
des Caïmans, situé à 300 kilomètres
à l'ouest de la Jamaïque, est à peine
plus étendu que les îles Saint-Pierre et
Miquelon. Au nombre de trois, ces Caïmans n'avaient
traditionnellement qu'une seule ressource, la pêche.
Dans les années 60, alors qu'elles ne comptaient
que 10 000 habitants, elles se sont tournées
vers les services financiers et le tourisme. Elles ont
alors commencé à faire parler d'elles.
Peu à peu, les croisières et l'argent
les ont adoptées comme lieu de séjour;
et 25 ans plus tard, partout dans le monde, surtout
aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, on disait des
îles Caïmans qu'elles étaient un paradis,
avec un climat céleste et une protection totale
tant pour les personnes physiques que pour les entreprises
et leurs capitaux.
Cette colonie britannique, pourvue d'une grande autonomie,
n'alimentait son budget que par les droits de douane.
Elle n'imposait aucun revenu et le secret bancaire était
absolu. On disait couramment à George Town, la
capitale, que le nom d'une personne ne devait paraître
dans les journaux qu'à trois occasions: à
sa naissance, à son mariage et à son décès.
Et c'est ainsi qu'aux milliers de touristes qui venaient
chaque année y faire escale s'étaient
ajoutés des milliers d'entreprises qui y possédaient
leur siège social et plus de 500 banques qui
s'y livraient à toutes sortes de transactions
que l'anonymat rendait abondantes, fructueuses et d'une
discrétion exemplaire.
Le 5 juillet 1991, un coup de tonnerre explose dans
l'azur des Caïmans: le gouvernement local ferme
le siège social de la Bank for Credit and Commerce
International et de deux institutions qui lui sont affiliées.
Ce siège social relevait d'une banque dont le
principal établissement était à
Londres, mais dont les opérations se faisaient
à partir du Luxembourg et des Caïmans. Une
firme de vérificateurs de réputation mondiale
venait de rendre publique une fraude gigantesque dont
s'était présumément rendue coupable
la BCCI et qui avait atteint des pays aussi lointains
que le Pakistan et les émirats du Golfe. Cette
fraude paraissait imputable aux barons colombiens de
la drogue, aux trafiquants d'armes et même à
la CIA.
...la BCCI s'est effacée. Mais le blanchiment
de l'argent sale se poursuit et le système trouve
toujours des milliers de personnes physiques et morales
décidées d'en profiter aussi bien dans
les Antilles qu'en Europe et en Asie.
André
Patry, Le Devoir , 10 février 1998
Comment
les mafias gangrènent l’économie
mondiale.
L’argent
peut facilement circuler par transfert électronique
entre la société-mère et sa filiale
enregistrée comme une société-écran
dans un paradis fiscal. Des milliards de dollars provenant
des établissements gestionnaires de fonds institutionnels
(y compris les fonds de pensions, l’épargne
des mutuelles et les fonds de trésorerie) circulent
ainsi, passant tour à tour sur des comptes enregistrés
au Luxembourg, dans les îles Anglo-Normandes,
les îles Caïmans, etc. Conséquence
de l’évasion fiscale, l’accumulation,
dans les paradis fiscaux, d’énormes réserves
de capitaux appartenant à de grandes sociétés
est aussi responsable de l’accroissement du déficit
budgétaire dans certains pays occidentaux.
L’ampleur du phénomène est impressionnante.
Il existe quelque cinquante-cinq paradis fiscaux dans
les principales régions du monde. A elles seules,
les îles Caïmans constituent le cinquième
centre bancaire mondial avec plus de banques et de sociétés
enregistrées que d’habitants (1). Des capitaux
considérables, provenant d’activités
légales et criminelles, sont aussi déposés
aux Bahamas, dans les îles Vierges britanniques,
aux Bermudes et à Saint-Martin.
Le
Monde diplomatique, décembre 1996, Michel CHOSSUDOVSKI.
(1)
39 000 hab. en 2002.
|
| 3.
Troisième exemple : espaces touristiques à
Cuba. |
La zone
caraïbe représente aujourd’hui une des régions
les plus dynamiques du tourisme international.
Au sein de cette zone, Cuba connaît une montée
en puissance sur le plan touristique même si l’île
se situe derrière les ténors du tourisme comme
Porto Rico, la République dominicaine, les Bahamas
et la Jamaïque.
La clientèle n’est plus aujourd’hui états-unienne
comme autrefois mais provient toujours des pays développés
qu’ils soient du continent américain ou européen.
Quels
types d’espaces touristiques sont créés
par l’interface Nord-sud ?
3.1.
La croissance du tourisme international
Chiffres
du tourisme :
De 350 000 en 1990 à plus de 2 000 000 aujourd’hui.
Archipel
de 110 922 km2 avec une île principale + île de
la Jeunesse (ex-île des Pins) + 1600 îlots.
11 000.000 h.
a.
Des atouts importants pour la clientèle potentielle.
La
carte du relief

La
Havane : la vielle ville.
Le
climat chaud et la mer comme pour toute la zone caraïbe
mais aussi la variété des milieux naturels (montagnes
et plaines verdoyantes, falaises et cascades, plages de sable
fin).
Patrimoine historique et culturel intéressants : La
Havane et Trinidad inscrits au patrimoine mondial de l’
Unesco. Dans le centre ancien on observe un ensemble homogène
de maisons avec des arcades, des balcons, des grilles en fer
forgé et des cours intérieures.
Population accueillante.
b.
Impulsion des autorités nationales.
.
Hotel Nacional,
La Havane.
Une galerie de portraits en noir et blanc orne les murs du
bar du Nacional. Churchill, Tyrone Power, Errol Flyn, Marlon
Brando, Hemingway, Sinatra, Ava Gardner... autant de personnalités
qui ont séjourné à l'Hôtel Nacional
de Cuba. C'était quand La Havane était la banlieue
de Las Vegas, et que la mafia avait trouvé en ce lieu
le moyen de contourner la prohibition et blanchir son argent
sale (Meyer Lanski , Lucky Luciano..)
* Entre
les années 1920 et 1950 Cuba connaissait un tourisme
international relativement marginal et très lié
aux EU (tourisme lié à la prostitution et aux
jeux). A la fin des années 1950 Cuba accueillait 1/3
du tourisme de la zone caraïbe, soit environ 300 000
personnes par an, dont 90% de Nord-Américains. D’où
chute de 98,5 % des entrées de touristes entre 1957
et 1961 (embargo américain). Après la révolution
castriste de 1959, le gouvernement diversifie les activités
et privilégie le tourisme national.

Pancarte
dans l’école du tourisme de la Havane.
Carlos Lage = vice-président de Cuba. « La tâche
principale du secteur touristique : préserver et accroître
la morale révolutionnaire des cadres et des travailleurs
du secteur »
* Retour sur le marché touristique international surtout
après 1990 avec la disparition des régimes communistes
amis d’Europe de l’Est et de l’URSS. Sans
les importations en provenance des " pays frères
", Cuba connaît une grave crise économique.
Le ministère tourisme est créé en 1994.
Le tourisme doit désormais procurer devises nécessaires
pour acquisition matières premières de base
(pétrole). Il est devenu le moteur du développement
économique. Il fournit désormais la ½
des revenus de l’île.
En résumé,
la croissance du tourisme international à Cuba : Atouts
naturels + politique touristique + nécessité
économique.
3.2.
Création d’espaces touristiques majoritairement
balnéaires
a. Des enclaves touristiques balnéaires
* Varadero

Construction
d'hotels à Varadero.
A l’Est
de la Havane, c’est une longue flèche de sable
avançant dans l'Océan Atlantique.
A Varadero se concentre une grande part du parc hôtelier
cubain. Sous l’impulsion de l’Etat, les équipements
se sont multipliés. Aménagement (voirie, électricité,
eau) de grandes zones touristiques dans les meilleurs sites
littoraux pour retenir les investisseurs.
Massification du tourisme (Flux balnéotropiques et
héliotropiques) et consommation croissante d’espace
par équipements spacieux et multifonctionnels (accueil,
boutiques, commerces, piscines, jardins)
Varadero fonctionne comme une enclave touristique.
* Cayo Largo
La
plage de Cayo Largo (choisir une image sur Internet).
CAYO
LARGO, UN SITE TOUJOURS TRÈS DEMANDÉ PAR
LES TOURISTES
Plus de 30 000 visiteurs, notamment du Canada, d'Italie
et d'Allemagne, ont été accueillis dans
le pôle touristique de Cayo Largo. En 2003, la capacité
hôtelière de cet îlot est de 952 chambres
distribuées dans trois villages et sept hôtels.
A la fin de l'année, une nouvelle installation
de quatre étoiles, avec 306 chambres, ouvrira ses
portes. Il sera géré par la chaîne
hôtelière espagnole Barcelo.
Source :
http://www.hello-caribbean.com/hello31/cuba.htm |
Cayo Largo petit îlot calcaire à l'extrême
Est de l'Archipel de Canarreos, ilôt de 25 km de long
sur 3 km de large au plus. Un vingtaine de km de plages de
sable blanc, au sud et au nord mangroves et marais. Pas d’habitants
permanents en dehors des oiseaux et des iguanes.
Hôtels tous du côté sud (1000 chambres
en tout), île quasiment déserte.
Les travailleurs cubains viennent de l’île de
la jeunesse et sont logés dans des appartements dans
un petit village (Isla del Sol) au nord-ouest de l’îlot.
Ils y restent 20 jours avant de retourner chez eux pour 10
jours.
Un aéroport international pouvant
accueillir les avions gros porteurs provenant principalement
du Canada et de l'Europe.
La route principale, asphaltée relie l’aéroport,
le village et les hôtels. En dehors ce sont des pistes.
b.
Gros efforts récents pour une meilleure implantation
des équipements touristiques sur le territoire (Pinar
del Rio, Cienfuegos, Santiago) avec infrastructures hôtelières
mieux intégrées au paysage.
Un croquis
pour résumer les espaces touristiques à l’échelle
nationale.

.
| 4.
Quatrième exemple : Miami, pôle majeur de
l’interface |
Travail
préparatoire
Document
: Miami, une capitale entre deux mondes.
«
Miami n’est pas seulement la capitale de la
Floride. C’est le cœur médiatique
et financier de l’Amérique du Sud. Un
paradoxe pour les deux Amériques : une ville
du Nord peuplée de gens du Sud. A Los Angeles
et à New York, les « Hispanics »
sont nombreux, mais à Miami (2,3 millions),
ils sont majoritaires : 57,3% de la population. Ils
sont aussi de plus en plus mélangés,
les six cents latinos américains arrivés
au cours de la dernière décennie entre
Miami et fort Lauderdale, juste au nord viennent désormais
de tous les pays […] Ceux qui ont fait de la
ville un point d’arrivée du Sud, lorsque
la révolution cubaine a provoqué, en
1959, la première grosse immigration, vieillissent
et commencent à passer la main. La «
petite Havane », sur la 8e rue, devient pour
beaucoup la « petite Managua ».
La ville offre aux entreprises latino-américaines
une terre d’asile quand elles sont trop excédées
par l’insécurité, les difficultés
de change ou le manque de personnel qualifié.
Cela génère des transferts d’activité
et de personnel qui stimulent le marché immobilier.
Miami est une capitale sans monuments, excepté
l’aéroport, avec ses liaisons directes
vers 57 villes d’Amérique latine, et
un immeuble jaune et gris, de six étages, sans
fenêtres du centre ville : le Network Access
Point (NAP), où aboutissent l’essentiel
des câbles sous-marins, lignes téléphoniques
et fibres diverses qui unissent le Sud au Nord et
même à l’Europe. Comment faire
d’une capitale archidominante dans les services,
la capitale politique d’un continent ? C’est
le problème que Jorge Arrizurieta doit résoudre.
Il est directeur exécutif du « Florida
Free Trade Area of the Americas » (FFTAA), un
groupe de pression crée pour obtenir que la
ville accueille le siège du marché commun
allant de la terre de feu à l’Alaska,
que les 34 pays des Amériques, à l’exception
de Cuba, mettront en marche en 2005. « L’idée
est d’être pour les Amériques ce
que Bruxelles est pour l’Union européenne
», explique-t-il. […] Gagner pour la ville,
est une affaire profonde, elle suppose de changer
d’Histoire. Jusqu’ici, elle n’a
grandi que par les drames de l’Amérique
Latine. Tout récemment encore : le peso coule
en Argentine, une « petite Buenos Aires »
apparaît à Miami Beach ; l’économie
vénézuélienne s’arrête
et l’ouest de l’aéroport prend
l’accent de Caracas.
Avec les meilleures communications la population latino-américaine
la plus variée, le deuxième nombre de
bureaux de banques internationales (64) et de consulats
(81) des deux Amériques après New York,
les atouts de la ville sont évidents.
D’après Le Monde, 12 septembre 2003.
|
Questions
:
1. La première phrase du texte est-elle exacte ? Justifiez
votre réponse.
2. Comment se caractérise la population de Miami ?
Pourquoi ?
3. Quels facteurs font de Miami un pôle d’attraction
pour l’espace caribéen ?
4. Quels éléments, d’après l’article,
jouent en faveur ou comme limites au projet de Jorge Arrizurieta
pour Miami ? Pouvez-vous citer d’autres limites ?
Miami
est une jeune métropole qui tire parti de sa situation.
Utiliser
carte Bassin Caraïbe
* Décrire
la situation de Miami dans l’espace états-unien,
américain et dans la Caraïbe.
- Miami est située à l’extrémité
de la péninsule floridienne,
- un coin enfoncé dans le bassin caribéen qui
baigne dans le domaine tropical.
- Miami est aussi à la charnière des deux Amériques.
* Quels sont les avantages de cette position ?
- situation favorable au développement du tourisme
- situation favorable aux échanges (réutilisation
des acquis du II)
4.1.
Une « ville du Nord peuplée de gens du Sud »
Modeste
cité vers la fin du XIXe siècle, l’agglomération
a connu une croissance démographique très rapide
: croissance de + de 21% entre 1990 et 2000 ; + de 40% de
croissance entre 1980 et 2000.
L’agglomération qui compte aujourd’hui
3,9 millions d’habitants est la ville la plus
peuplée, au sommet de la hiérarchie urbaine
de la Floride ; sa composition originale résulte
de vagues d’immigration successives.
* Question
2 du travail préparatoire
La capitale économique floridienne agit comme
un aimant sur les populations latino- américaines
dont l’afflux répond à des motivations
diverses :
- Jouir de l’abondance offerte par gigantesques centres
commerciaux et s’initier à l’American
way of life. Miami est donc le lieu de séjour
des bourgeoisies latino-américaines.
- Fuir une situation économique précaire, cette
migration concerne des vagues de migrants de « l’autre
Amérique » en attirés par le mirage de
la « vraie Amérique »
- Trouver un refuge lors des crises politiques dans le pays
d’origine : la croissance de Miami date de l’installation
des exilés anticastristes, au début des années
60. A leurs flux se sont ajoutés ceux des Vénézuéliens,
Colombiens, Porto-ricains, Centre-Américains et Mexicains,
mais aussi des boat people fuyant Haïti, à
partir de 1980.
L’agglomération abrite ainsi une population
cosmopolite dont 60% sont d’origine « latino
».

Source : Revue Mapemonde, n° 72, décembre 2003.
Miami
est après New York le pôle de concentration
des immigrants venant du Bassin Caraïbe ; après
avoir attiré des personnes aisées qui s’inséraient
relativement bien dans la population (bilinguisme, exercice
de professions libérales, participation à la
vie politique), Miami retient aujourd’hui les plus pauvres
et les moins qualifiés qui se dirigeaient auparavant
vers New York ou la Californie.
Cette
attraction traduit l’efficacité des dispositifs
mis en place pour faciliter les déplacements des hommes,
les échanges de marchandises, de capitaux et d’informations.
4.2.
La porte d’entrée de la Caraïbe et de l’Amérique
latine.
-
travail préparatoire, question 3
- plan de Miami + photo du port de croisière
Photos du port de croisière sur Internet ou L'espace
mondial geo terminales Magnard TES L S p 114-115
Magnard TS p150-151.

Plan de Miami
Après avoir repéré sur
le plan les infrastructures consacrées aux flux d’hommes
et de marchandises, caractérisez le niveau d’équipement
de Miami.
Miami
bénéficie d’un aménagement urbain
et d’infrastructures performantes :
* Le troisième aéroport international des Etats-Unis
: L’aéroport de Miami a un trafic de l’ordre
de 31,7 millions de passagers en 2001 (8,5 millions par an
au début des années 80). Ce trafic est presque
exclusivement interne à la méditerranée
américaine. En outre, reliée à 74 villes
d’Amérique latine, Miami est le point de passage
obligé, grâce à son hub aéroportuaire,
entre la côte Est et l’Amérique latine
pour les passagers et le fret (76% des exportations, 84% des
importations entre les Etats-Unis et l’Amérique
latine).
* Un port
de marchandises au service de l’espace caraïbe
et de l’Amérique latine : plus du tiers du commerce
entre les Etats-Unis et le bassin caribéen passe par
les ports de Floride et celui de Miami en particulier. Il
s’agit d’un port d’éclatement qui
traite les flux de marchandises les entrepose et les redistribue.
Exportations
du port de Miami en 2003 (Statistiques du port).
* Le premier
port de croisière du monde : le bassin caribéen
s’affirme comme la grande aire récréative
de proximité pour les Etats-Unis. Grâce au hub
de l’aéroport international et à la plateforme
multimodale qui se développe à proximité,
Miami est la porte du tourisme de croisière de la Caraïbe
pour une majorité de croisiéristes venus de
tous les Etats-Unis et de Californie en particulier (le 1/4
du marché étatsunien de la croisière).
3,96 millions de croisiéristes en 2003.
* Miami
est en outre :
- Un point nodal pour les télécommunications
(texte : Miami, une capitale entre deux mondes)
- Une des premières places bancaires des EU avec soixantaine
de banques internationales, américaines ou étrangères.
Profitant
de l’accès direct et facile entre l’aéroport
et le port maritime, des avantages fiscaux et de la disponibilité
en capitaux, des zones franches industrielles et commerciales
accueillent un nombre croissant d’entreprises.
4.3.
Une capitale pour le bassin caribéen et les Amériques.
a. Le
poids démographique, le cosmopolitisme de la population,
l’intensité des échanges font de Miami
une métropole incontestée pour l’espace
caribéen. Compte tenu de cette expérience, de
ses liens avec l’Amérique latine et de sa position
entre les deux Amériques, elle a pour ambition de devenir
la capitale des Amériques.
Texte
travail préparatoire, question 4.
Symbole de cette ouverture sur le monde, le 1er sommet des
Amériques s’est tenu à Miami en 1994.
b. Cependant ces ambitions de capitale continentale sont limitées
par des freins variés :
* Une partie des flux financiers provient du blanchiment de
l’argent de la drogue. En effet Miami est aujourd’hui
le premier marché mondial de gros de la drogue et,
selon la Drug Enforcement Administration, 70% des drogues
importées aux Etats-Unis passent par cette métropole.
* Les origines variées des migrants font de Miami un
carrefour culturel, mais ce peuplement sans enracinement profond
et l’installation de nouveaux arrivants suscitent des
tensions, en témoignent les émeutes raciales
en 1968, 1980, 1989
* Un espace vulnérable : la Floride est soumise aux
aleas cycloniques, une veille permanente est assurée
par le NOAA, National Hurricane Center, de Miami.
c. Principale
métropole de l’espace d’interface caribéen,
Miami, à un autre niveau d’échelle, est
elle-même une interface dont elle entend maximiser les
effets pour jouer un rôle croissant dans la région.
* Il s’agit
d’une grande métropole située au niveau
supérieur de la hiérarchie urbaine : niveau
de la décision économique, de la consultation
(juridique, financière, médicale). Le lieu où
les classes aisées investissent et consomment.
* une
législation ultra-libérale, ignorant l’impôt
sur le revenu, sauf la part fédérale, autorisant
les comptes à numéros, le nom du titulaire n'apparaît
pas (keepmail), l’installation de Banques étrangères
qui s’ajoutent aux plus grosses banques des EU. Miami
depuis 1981, place de réinvestissement des eurodollars,
mais son statut de zone franche fait que les transactions
échappent au contrôle fédéral sur
les réserves et les taux d’intérêt.
* Les
libertés fiscales ont provoqué un mouvement
de déplacement des firmes transnationales installées
sur la côte Est : les sièges des firmes qui ont
des intérêts en Amérique latine sont à
Miami pour les opérations latino-américaines.
Miami
dont l’aire d’influence limitée à
l’intérieur des EU a mis en place Un système
d’activités fondé sur l’exploitation
de la position géographique et englobe à l’extérieur
tout le bassin caribéen : Amérique centrale
de Belize au Panama, Nord de la Colombie Venezuela et ensemble
des Etats de la caraïbe et des Guyanes. Outre ce rôle
régional, c’est l’ensemble de l’Amérique
latine qui est dans l’aire d’influence économique
des groupes dirigeants Nord et latino-américains installés
à Miami. (Michel Foucher, la Méditerranée
américaine, Hérodote n° 27, 1982).
Cependant si Miami est sans conteste la capitale du bassin
caribéen, peut-elle devenir la capitale des Amériques
?
Miami est le point le plus proche de la côte colombienne
à vol d’avionnette, et les milliers de «
Keys » semblent difficilement contrôlables.
Ville
mondiale, ville globale : une ville mondiale est une ville
qui a la capacité d’exercer une influence au
niveau mondial. La notion de ville mondiale ne repose pas
seulement sur des critères quantitatifs (nombre d’habitants
ou valeur de la production) mais surtout sur le rôle
joué dans le fonctionnement du système mondial
: sièges de FTN, grandes places boursières,
marchés majeurs de capitaux, concentration d’activités
du tertiaire.
Ce n’est pas l’importance de la population qui
fait la ville mondiale ou globale mais son intégration
dans l’économie mondiale : cosmopolitisme, savoir-faire
et faire savoir (communications) aménités, liaisons
au reste du monde, services rares (experts, avocats internationaux,
interprètes).
La Floride
est l’interface majeure avec les Caraïbes et l’Amérique
latine. Miami en tire une fonction de synapse et de second
centre financier des Etats-Unis.
Retraités attirés par une vie sans hiver. Emplois
dans l’industrie. Des loisirs (plages de sable fin,
parcs d’attraction, croisières) sont un autre
moteur de la croissance.
Miami vit désormais davantage de son rôle de
pôle d’échange avec le monde latino américain
que du tourisme qui a fait sa fortune initiale.
Miami centre moteur de l’espace Caraïbe : cf. p.
128 Géographie terminales ES-L, Magnard 2004.
La Floride est le premier gisement touristique du pays avec
40 M de touristes par an Géographie terminales, Magnard
1998 p. 128.
-
-
Photo du port de marchandise de Miami doc 2 p 128 Magnard
ES-L
des échanges entre légalité et trafic
d’illicites
Cette
métropole est un point de rencontre entre Nord et Sud
au niveau régional et mondial : ce phénomène
de carrefour peut être étudié à
travers les espaces urbains, portuaires et aéroportuaires
Toutes les nations d’Amérique latine sont représentées
à Miami : on a assisté à une latinisation
» d’une partie de l’espace urbain.
Les plates-formes aéroportuaires et portuaires de Miami
jouent un rôle important pour la distribution des marchandises
et des passagers en direction des Caraïbes et, plus largement,
de l’Amérique latine : premier port de croisière
du monde et aéroport de transit (hub).
Conclusion
L’espace
caribéen est bien une interface Nord/Sud : les inégalités
de développement génèrent des flux et
amènent la création d’espaces spécifiques
de l’interface.
Il existe dans le monde d’autres interfaces où
l’on observe les mêmes phénomènes
: le bassin méditerranéen, la mer de Chine…
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