2ème
travail préparatoire (en classe) :
élaborer
une problématique générale à partir du commentaire d’un
montage de caricatures
sur la guerre froide et la détente :
1.
Kennedy et Khrouchtchev, caricature américaine de Levine,
Bordas p.80.
2.L’afrrontement
Est-Ouest, Plantu, Bordas p.80.
3
« Essayons de faire l’amour », Lurie, Tokyo ,Bordas
p.183
4.
Les deux Grands, initiateurs du désarmement, Plantu, 1987,
Bordas p.209
5.
« Ich bin ein Berliner », Plantu, nov 1989, Magnard
p.160.
6.
„Tis the season to be jolly...“, Herald Tribune, dec 1989,
Nathan, p.203.
Problématique
: Pourquoi
et comment est-on passé d’un monde bipolaire où s’affrontent
deux superpuissances, deux idéologies, à un monde où les Etats-Unis
et le capitalisme semblent avoir triomphé ?
.Plan
:
Thème
1
: La confrontation
entre les États-Unis
et I’URSS de 1945 à 1985.
1.
Une période d’affrontements aigus (1945-1962).
2.
Les superpuissances entre dialogue et tensions (1962-1985).
Thème
2:
La
dissolution
des
blocs
(1985
à1991).
1.
Crise et effondrement du bloc de l’Est.
2.
Le triomphe des États-Unis
?
Thème
1. LA CONFRONTATION ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET L’URSS
DE 1945 à 1985.
1. Une période d’affrontements aigus (1945-1962).
1.1.
1945-1947 : la
dégradation des relations entre les États-Unis
et I’URSS.
Étude
de doc : le discours de Fulton.
a.
fragilité de la « Grande
Alliance » et installation
progressive de la tension.
Depuis
1917, les deux systèmes représentés par I’URSS et les États-Unis
se sont affrontés. Leur alliance contre l’ennemi commun (le
nazisme), pendant la 2è GM ne pouvait être que temporaire.
Dès la fin de la guerre, la tension s’installe. Le 5 mars
1946, CHURCHILL à Fulton (EU) parlait déjà de « rideau de
fer ». La rupture est consommée en 1947.
Étude
de docs : la doctrine Truman, le plan Marshall, la doctrine
Jdanov.
b.
La rupture de 1947.
Inquiets
de l’expansionnisme soviétique en Europe de l’Est, les États-Unis
proclament la nécessité du contaînment
(endiguement), le 12 mars 1947, par le discours du
président TRUMAN (on parle de doctrine Truman):
il s’agit d’endiguer (militairement) la poussée du communisme
dans le monde, la CIA est alors créée. L’arme économique qui
complète le dispositif c’est le plan MARSHALL. Il s’agit de
soutenir économiquement les pays capitalistes affaiblis par
la guerre.
Les
Soviétiques ripostent par la création du Kominform en octobre 1947:
les principaux partis communistes adhèrent au « Bureau d’information des partis
communistes ». La doctrine JDANOV est approuvée:
le monde est divisé selon Moscou en deux camps diamétralement
opposés: le camp « impérialiste » dirigé par les EU et le
camp « démocratique et anti-impérialiste »dirigé par l’URSS.
La guerre froide se déclenche dans un monde devenu bipolaire.
1.2.
La
mise en place d’un
monde bipolaire : la
formation des deux blocs (1947-1949).
Étude
de la carte :
les deux blocs en Europe
au début des années 1950, p203
a.
La formation du
bloc occidental.
-
Octobre 1947: signature à Genève des accords du GA1T (General
Agreement on Tariffs and Trade).
-
Avril 1948: création de I’OECE (Organisation Européenne de Coopération Économique), elle
rassemble les pays européens qui veulent recevoir l’aide
américaine et elle est chargée de répartir l’aide Marshall.
-
Avril 1949: Les États-Unis, le Canada et l’Europe occidentale
signent l’Alliance Atlantique, complétée par une alliance
militaire, l‘OTAN (Organisation
du Traité de l’Atlantique Nord).
b.
La formation
du bloc socialiste.
A
l’exception de la Yougoslavie et de l’Albanie, libérées par
des partisans, tous les pays de l’Europe de l’Est ont été
libérés du nazisme par l’Armée Rouge. L’URSS exploite cet
avantage. Les partis communistes locaux occupent des postes
clés dans des gouvernements d’union nationale puis ils s’emparent
du pouvoir et imposent partout le modèle soviétique dans des
pays qui prennent le nom de « démocraties populaires ». En 1949, ils sont intégrés économiquement dans le CAEM
(Conseil d’Assistance
Économique Mutuelle), puis un peu plus tard, la consolidation
militaire du bloc est réalisée dans le Pacte de Varsovie
(1955).
Le
bloc socialiste est renforcé par l’arrivée au pouvoir des
communistes en chine en 1949.
1.3
Les grandes crises
de la guerre
froide.
a.
En Europe.
-
Février 1948 en Tchécoslovaquie, c’est le « coup
de Prague »: des divergences opposent communistes et modérés, au sein du gouvernement
d’union nationale sur la nécessité d’accepter ou de refuser
le plan Marshall. Les communistes mobilisent leurs troupes
et prennent le contrôle de l’État.
-
Les occidentaux ripostent en Allemagne: ils jettent
les bases d’un futur État ouest allemand, en réunifiant leurs
trois zones (EU, France, RU), en mettant en place une assemblée
constituante, en créant une monnaie commune, le Deutsche Mark.
Ces mesures non prévues par les accords de Potsdam, déclenchent
la première crise de Berlin (juin 1948-mai 1949). Les Soviétiques coupent
les routes et les voies ferrées qui relient Berlin ouest à
l’Allemagne de l’ouest. Les Américains contournent le dispositif
par un gigantesque pont aérien qui fait échouer le blocus.
Les occidentaux créent alors la RFA, les Soviétiques ripostent
en créant la RDA.
b.
La guerre froide
se déplace en Asie: la guerre de Corée (1950-1953).
Étude
de la carte p 204
-
La situation de la Corée est comparable à celle de
l’Allemagne : les zones d’occupation soviétique, au Nord du
38è parallèle, américaine, au Sud, se transforment en deux
États, l’un pro-soviétique, l’autre pro-américain. En juin
1950, les troupes nord-coréennes envahissent la Corée du Sud.
Les Américains qui ne peuvent pas intervenir directement (guerre
froide), profitent de l’absence de l’URSS au Conseil de sécurité
de l’ONU pour obtenir une intervention armée en Corée. L’armée
qui débarque en Corée est en fait une armée américaine sous
uniforme des Casques bleus. Elle repousse les Nord-coréens,
ce qui déclenche une contre-offensive de « volontaires » chinois.
Le front se stabilise vers le 38è parallèle, l’armistice de
PAN MUN JOM met fin au conflit (27 juillet 1953). Bilan :
2 500 000 morts.
2.
Les
superpuissances entre dialogue et tensions <1962-1986).
La
construction du mur de Berlin (1961) et la crise des fusées
à Cuba (1962) sont les deux dernières grandes crises qui ont
marqué la période d’affrontements aigus de la guerre froide.
La crise de Cuba a fait comprendre aux deux Grands, la nécessité
de tout mettre en oeuvre pour éviter tout risque de guerre
nucléaire.
2.1
1962-1975: La
détente ou la nouvelle place du dialogue dans la confrontation.
a.
Les facteurs de la détente.
La
détente a été favorisée par des acteurs internes:
Dans
le bloc soviétique
:
Staline
est mort le 5 mars 1953, le XXème Congrès du PCUS s'est prononcé
pour la coexistence pacifique entre les systèmes capitaliste
et communiste. Le bloc communiste se fissure avec la
rupture entre la Chine et I’URSS (1958-1962). Des pays de
l’Europe de l’Est (Hongrie, Roumanie, Pologne, Tchécoslovaquie)
veulent s’affranchir de la tutelle
soviétique,
ce qui débouche parfois sur de dramatiques interventions (Budapest
1956, Tchécoslovaquie 1968).
-
Dans le bloc occidental: les EU se trouvent confrontés
à de graves problèmes intérieurs : pauvreté, problème noir,
contestations de la jeunesse, guerre du Vietnam. Des fissurations
apparaissent également dans le bloc ouest: : la
France avec de Gaulle, refuse de s’aligner sur les États-Unis
(refus de l’entrée du RU dans la CEE en 1963, retrait de I’OTAN
en 1966, discours de Phnom Penh en 1966, discours sur le «
Québec libre » en 1967, force de dissuasion...).
La
détente a été favorisée par des facteurs externes :
-
La course pour la conquête de l’espace est ruineuse.
La course aux armements entraîne des dépenses exorbitantes
qui n’empêchent pas cependant l’équilibre de la terreur: les
sous-marins nucléaires rendent impossible la destruction simultanée
de la totalité des forces de l’adversaire.
b.
L’entente entre les deux Grands.
Se
manifeste par le « téléphone rouge », les nombreuses rencontres
entre les chefs d’État (Nixon Brejnev), le développement
de relations commerciales, la coopération scientifique (vol
spatial Apollo Soyouz en 1975), les accords militaires:
-
le traité de Moscou (1963) met fin aux expériences
nucléaires dans l’atmosphère.
-
1967 : dénucléarisation de l’espace.
-
1968 : non dissémination de l’arme atomique.
-
1972 : SALT1 (limitation des armes offensives stratégiques).
c.
La détente ne signifie pas
la fin de la confrontation.
La
confrontation continue sur le front idéologique et dans de
terribles conflits périphériques. En Asie du Sud-Est, les
Américains soutiennent les forces anticommunistes pendant
que les Soviétiques aident activement les mouvements de libération
nationale. Au Proche Orient, on trouve les États-Unis aux
côtés d’lsraël, tandis que l’URSS soutient les Palestiniens.
2.2
1975-1985
: la « guerre
fraîche » ou le retour d’une période de vives tensions..
On
parle de retour de la guerre froide pour qualifier cette décennie.
Pourquoi ce regain de tension?
a.
Les revers américains.
A
l’extérieur, les Américains subissent de nombreux revers.
En 1975, les communistes vietnamiens parviennent à réunifier
le Vietnam. 1979, l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeyni
en Iran, marque la fin du règne du Shah qui était le principal
allié des EU dans la région. Cet échec tourne à l’humiliation
lorsque 52 otages de l’ambassade américaine resteront prisonniers
pendant 444 jours. L’intervention héliportée qui devait les
libérer échoue, ce qui empêche la réélection de Jimmy Carter!
Échec américain en Amérique latine, où les sandinistes prennent
le pouvoir au Nicaragua et instaurent un régime socialiste
pro-soviétique.
b.
Les Soviétiques à l’offensive
?
Les
Soviétiques envahissent l’Afghanistan en 1979. Les Vietnamiens
interviennent au Laos, au Cambodge. Les Cubains sont en Angola,
en Éthiopie, à Grenade. Les succès des mouvements de libération
dans les colonies portugaises (Angola, Mozambique) sont considérés
comme des victoires partiellement soviétiques.
c.
La réaction américaine : le nouveau contaiment.
1980-
avec l’arrivée au pouvoir du républicain Ronald Reagan,
un ancien maccarthyste, les États-Unis repartent en croisade
contre l’URSS qualifiée "d'’Empire
du mal ".
En
Amérique latine, les EU renversent le gouvernement pro-soviétique
de Grenade, ils arment les contras
qui déstabilisent le Nicaragua sandiniste, combattent
les guérillas du Salvador, du Guatemala. En Afrique australe,
ils soutiennent les rébellions anti-marxistes (Unita en Angola,
Renamo en Mozambique), ils soutiennent le régime d’extrême
droite d’Afrique du Sud.
Reagan
relance la course aux armements avec le redéploiement des
fusées Pershing2 et
Cruise en RFA et
au RU pour faire face aux SS 20
soviétiques, et surtout l’annonce en 1983, de l’IDS (Initiative
de Défense Stratégique ou « guerre des étoiles »).
En
1980 les EU boycottent les jeux olympiques de Moscou et mettent
l’embargo sur les céréales et divers matériels stratégiques
à destination de I’URSS. En riposte, I’URSS et Cuba boycottent
les jeux olympiques de Los Angeles en 1984.
Thème
2 : LA DISSOLUTION DES BLOCS (1985-1991).
1. L’effondrement du bloc de l’Est.
Manuel,
Hachette, doc 4, 3p 249; doc 2 p 248.
1.1
L’effet Gorbatchev.
Le
11 mars 1985, à 54 ans, Mikhaïl GORBATCHEV devient secrétaire
général du PCUS. Après les gérontocraties de Khrouchtchev,
Brejnev, Andropov, Tchernenko, on peut dire que c’est désormais
un “jeune” qui préside aux destinées de I’URSS. Il considère
que le vieil édifice communiste est lézardé et il veut changer
les choses, réformer(
perestroika = restructuration,
refonte). La perestroïka doit se faire dans la transparence
(
glasnost
) , dans
un soucis de démocratisation.
La
course aux armements est ruineuse pour l’économie soviétique,
Tchernobyl (25 avril 1986) exacerbe les peurs du nucléaire
: le 8 decembre 1987, Reagan et Gorbatchev signent le traité
de Washington qui élimine les armes de courte et moyenne portée
(SS 20 et Pershing). Le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan
est annoncé pour 1989.
Les
tentatives de réforme et de démocratisation vont entraîner
la déstabilisation complète de tout le bloc Est.
1.2
L'effondrement du bloc soviétique.
Les
premiers signes apparaissent en Europe de l’Est :
En
Pologne,
Jaruzelski ne peut empêcher la montée en puissance du syndicat
SolÎdarnosc qui avec l’Église catholique revendique
et impose la tenue d’élections libres qui marquent la fin du
communisme dans ce pays. La Hongrie s’engage dans la même voie,
de même que la RDA. Le 9 novembre 1989, les dirigeants Est-allemands
ouvrent le mur de Berlin et annoncent la tenue d’élections
libres. La Tchécoslovaquie, la Bulgarie abandonnent le
communisme, en Roumanie, le dictateur Ceausescu est exécuté.
L’URSS a perdu son glacis stratégique. 1.3
L’implosion de l’URSS: le fait majeur du XXème
siècle.
Manuel,
Hachette, doc 4 et5 p 251
Contrairement
à ses prédécesseurs, Gorbatchev n’a pas utilisé la force pour
maintenir la domination de l’URSS. Il est vivement critiqué
par les tenants de l’ancien système et accusé de faiblesse.
Dans ce contexte, les nationalismes se réveillent dans les
Pays Baltes, dans le Caucase. Face à un Gorbatchev affaibli
et contesté, le nouveau président du Parlement de la Fédération
de Russie, Boris ELTSINE, apparaît comme un contre - pouvoir.
C’est d’ailleurs lui, qui très habilement prend la tête de
la résistance au putsch communiste d’août 1991 à Moscou. En
décembre 1991, I’URSS disparaît, 10
des 15 républiques décident de former la Communauté
des États Indépendants (CEI). Le 25 decembre 1991, Gorbatchev,
président d’un État qui n’existe plus, est contraint de démissionner.
2.
Le triomphe
des États-Unis ?
2.1
La difficile reconversion en Europe centrale.
Le
passage à l’économie capitaliste ne se fait pas sans difficultés
à l’Est. La réunification est une affaire très coûteuse pour
l’ex. RFA. Dans les pays de l’Europe centrale, certains hommes
d’affaires se sont enrichis très rapidement, mais de puissantes
mafias se sont constituées, pendant que la population s’est
retrouvée confrontée à la misère (émigration vers l’Ouest,
prostitution en Europe occidentale). Les communistes ne sont
pas toujours complètement discrédités, beaucoup sont encore
au pouvoir.
Toutes
ces difficultés ont pour effet d’exacerber les sentiments
nationalistes, ce qui provoque des éclatements de territoires,
la multiplication d’États-nations, la balkanisation, des tensions
(épurations ethniques, génocides..) exp : l’ex. Yougoslavie.
2.2
Les États-Unis:
nouveaux gendarmes du monde.
Les
États-Unis sont désormais la seule superpuissance de la planète,
c’est une nouvelle donne très importante en cette fin de siècle.
Ils interviennent dans presque tous les conflits qui éclatent
en divers points de la planète (Guerre du Golfe, Somalie,
Kosovo, Timor Est...). Ils estiment avoir gagné la guerre
froide, ne sont-ils pas tentés d’exercer une hégémonie sur
toutes les régions du monde?
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