Aussi
c'est en partie pour mettre en garde les personnes venant
dans les îles que le 4 août 1766, le gouverneur de la
Martinique prend l'arrêté suivant : " Tous les propriétaires
de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux dépendant du
gouvernement de la Martinique et de Sainte-Lucie devront pourvoir
leurs bâtiments d'un pavillon bleu avec une croix qui partagera
le dit pavillon en quatre; dans chaque carré bleu il y aura
la figure d'un serpent en blanc de façon qu'il y aura quatre
serpents en blanc ... Le dit pavillon qui sera dorénavant
reconnu comme celui de la Martinique et de Sainte-Lucie
".
Le gouverneur
demande aussi aux curés et commandeurs de paroisses de tenir
un registre exact des décès causés par les morsures du serpent
et il interdit d'en divulguer le nombre pour ne pas effrayer
la population.
A ce
serpent est attaché tout un symbolisme et de nombreuses croyances
dont voici quelques- unes :
Pour
Lafcadio Hearn, "Si vous tuez un serpent, sept grands
péchés vous seront pardonnés" (" ou ké ni sept gran péchés
effacés "). En tuant le serpent, on s'investit de sa force.
On considérait d'abord que si le serpent était irrité, ses
morsures étaient plus dangereuses. S'il était en rut, sa puissance
était décuplée et sa blessure mortelle. La personne mordue
courait plus de risques dans les derniers mois de l'année.
Les enfants et les vieillards seraient plus vulnérables.
Par ailleurs,
le serpent peut être envoyé pour tuer la personne désignée
par un sorcier ennemi.
Depuis
le XVIIIéme siècle, ce pavillon orné de quatre serpents
représente essentiellement la Martinique, Sainte-Lucie
ayant cessé d'appartenir à la France en 1815.