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Session de septembre 2004

Serie L

 

Partie 1 : Alimentation et environnement

Partie 2 : Place de l'Homme dans l'évolution

Partie 3 : Du génotype au phénotype, applications biotechnologiques

 

 

Thème au choix : Du génotype au phénotype, applications biothechnologiques

7 points

 

Document xénotransplantation d'organes.

D'après Andrea Arz de Falco

Présidente de la Commission fédérale helvétique d'éthique pour le génie génétique dans le domaine non humain.

 

 

 

 

Peu de personnes sont prêtes à faire don de leurs organes. Or la demande tend à s'accroître. Un des moyens envisagés pour pallier la pénurie d'organes destinés aux greffes est de prélever des tissus ou des organes sur une espèce animale afin de les transplanter sur un être humain: c'est une xénotransplantation.

Le porc présente dans ce domaine de nombreux atouts: il est proche de l'homme par sa physiologie et son anatomie, son cour a presque la même taille que celui de l'homme. Mais, s'il est moins proche de l'homme au niveau génétique, certaines de ses protéines sont, depuis longtemps, utilisées en thérapie (insuline ...) et quelques dizaines de patients dans le monde ont déjà été greffés avec des tissus porcins (peau, pour de grands brûlés, cellules pancréatiques produisant de l'insuline, pour des diabétiques).

Notre organisme, par son système immunitaire, rejette tout organe greffé provenant d'une autre espèce, d'autant plus que cette espèce est génétiquement plus éloignée de l'homme. Pour pouvoir greffer des organes animaux à l'homme, il faut réduire au maximum le risque de rejet. Des molécules, les protéines DAF, de la membrane des cellules humaines, empêchent notre système immunitaire de détruire nos propres cellules. Les cellules du porc ne possèdent pas ces protéines et notre système immunitaire rejetterait l'organe porcin greffé.

Des recherches sont en cours pour mettre au point des porcs dont les organes pourraient être greffés à l'homme. Depuis 1995, en Grande Bretagne, dans les étables high-tech de la Société Imutrans, sous la conduite de D. White, le gène de la protéine humaine DAF a été transféré à de jeunes embryons de porcs. Le cœur de ces porcs ne serait plus sujet à un rejet de la part de l'organisme humain receveur.

Mais de nombreux scientifiques ont soulevé des questions éthiques. Des virus du porc pourraient infecter les cellules de l'être humain transplanté et provoquer des épidémies. Le seul consentement du patient et de ses proches n'est donc pas suffisant, il s'agirait d'aboutir à celui de la population au sens large puisque, si le profit de telles transplantations concerne des individus, les risques concernent aussi l'ensemble de la société. Mais, selon P. Herrling, directeur scientifique d'Imutrans, le risque de la xénotransplantation est minime eu égard au bénéfice escompté sur la santé des receveurs d'organes.

En outre, le recours à des animaux entraîne la nécessité de tenir compte de leur dignité : la réduction de leur bien-être, de leur espace vital et les souffrances occasionnées doivent être justifiées systématiquement. Ils sont en définitive sacrifiés pour les besoins de la cause.

 

Première question (1 point) Restituer des connaissances

Donner le nom de la technique de transfert du gène de la protéine humaine DAF à des porcs. Préciser l'intérêt d'effectuer le transfert dans des jeunes embryons.

Deuxième question (4 points) Restituer des connaissances et les relier aux données dans un but explicatif

Après avoir rappelé ce qu'est un gène et la relation entre gène et protéine, expliquer comment le cour des porcs génétiquement modifiés ne serait plus sujet à un rejet de la part de l'organisme humain receveur.

Troisième question (2 points) Saisir des informations et argumenter

Relever dans le texte et discuter les deux questions éthiques posées par les xénotransplantations. La discussion fera apparaître des arguments en défaveur et en faveur des xénotransplantations.

 

 

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