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Session de septembre 2008

Enseignement scientifique Série L

Thème obligatoire : Alimentation et environnement

Thème au choix : Du génotype au phénotype

Thème au choix : La procréation

La procréation (7 points)

Nouvelle donne pour la pilule masculine.


Il aura fallu trente ans de recherches pour qu'une contraception masculine hormonale performante puisse être envisagée. A la suite de tests réalisés en 2003, un combiné hormonal alliant testostérone et dérivé de progestérone a montré son efficacité. Encore faudra-t-il que les couples l'adoptent, et qu'un laboratoire pharmaceutique le produise.

Document 1 : Les premiers essais
Toutes les tentatives de contraception masculine passent obligatoirement par l'injection de l'hormone mâle, la testostérone. Si l'on veut être efficace, il ne faut pas lésiner sur les quantités. Comme le précise Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier : "La testostérone, se retrouve dégradée par le foie lorsqu'elle est prise par voie orale. Même sous forme d'injection, il faut utiliser de fortes doses car elle est rapidement transformée en plusieurs produits dans l'organisme."
Cela n'a pas empêché les promoteurs de la contraception masculine de se mobiliser, dès le début des années 1970. Les premiers essais eurent lieu en Inde en 1972 : une injection quotidienne de testostérone pendant deux mois, soit la durée de fabrication des spermatozoïdes, a rendu les volontaires azoospermiques(1), état totalement réversible après arrêt du traitement. Ont suivi, dans les années 1990, deux essais d'envergure organisés par l'OMS(2). Des injections hebdomadaires de testostérone ont permis de faire chuter la concentration de spermatozoïdes, normalement supérieure à 20 millions par millilitre, sous le seuil fatidique pour la fertilité des 3 millions. Au bout d'un an, le taux de grossesse dû à ces individus oligospermiques(3) fut évalué pour la première fois : il était inférieur à celui obtenu avec l'usage du préservatif. Mais le traitement comportait plusieurs inconvénients : injections trop fréquentes et effets secondaires tels que prise de poids et modification du comportement. Sans compter le risque, rappelle C. Sultan, de cancers du foie, de la prostate et des testicules liés aux fortes concentrations sanguines de testostérone. Ces études ont aussi dévoilé une différence de sensibilité inattendue : l'oligospermie n'était atteinte que chez 61 % des Européens contre 90 % des Asiatiques qui s'étaient prêtés à l'expŽrience.

(1) : Un homme azoospermique produit un sperme dépourvu de spermatozoïdes
(2) : Organisation mondiale de la santé
(3): Le sperme d'un homme oligospermique contient peu de spermatozoïdes

D'après "La Recherche" juin 2007

Document 2 : Schéma montrant les relations entre les testicules et l'axe hypothalamo-hypophysaire

Question 1: (2,5 points) Restituer des connaissances, saisir des informations et les mettre en relation

1.1. Indiquer comment l'hypophyse stimule naturellement l'activité des testicules.

1.2. Utiliser les informations fournies par le document 2 pour expliquer comment l'injection de fortes quantités de testostérone peut rendre un homme infertile.

Document 3 : Un nouveau type de pilule

Pour renforcer l'action de la testostérone et en diminuer les doses, les chercheurs eurent l'idée d'y ajouter des dérivés de la progestérone, les progestatifs, déjà largement utilisés dans diverses pilules contraceptives chez la femme. En 2003, David Handelsman de l'université de Sydney en Australie rapportait chez une cinquantaine de couples le premier test de l'utilisation combinée de testostérone et d'un progestatif, l'acétate de medroxyprogestérone (DMPA). Après un an de traitement, aucune femme n'était tombée enceinte. Chaque homme avait reçu tous les quatre mois un implant de testostérone et une injection trimestrielle de DMPA. Les doses de testostérone étaient trois fois moindres qu'auparavant, et aucun effet indésirable du traitement ne fut observé. Comme prévu, tous les hommes recouvrèrent leur fertilité après quelques mois. Récemment, John Amory, de l'université de Washington, a également montré que la testostérone pouvait être appliquée sous forme de gel quotidien et garder son effet contraceptif lorsqu'elle était associée à des injections trimestrielles de DMPA. Après six mois de traitement, la moitié des volontaires se sont même déclarés satisfaits par cette formule et prêts à l'adopter si elle était disponible dans le commerce. Pour J. Amory, l'efficacité semble au rendez-vous: "Nous sommes arrivés à 90 % d'individus oligospermiques dans notre essai sur une quarantaine de volontaires paru en 2006, dit-il. De plus, de récentes études chinoises montrent que ce pourcentage peut même atteindre les 99 % lorsque des progestatifs sont combinés à la testostérone. Reste que l'on ne s'explique pas pourquoi ces traitements n'empêchent pas environ 10 % des Européens sous protocole d'être encore fertiles.

D'après "La Recherche" juin 2007

Question 2: (2,5 points) Saisir des informations et communiquer

A partir des informations des documents 1 et 3, construire un tableau permettant de comparer les fréquences d'administration ainsi que tous les effets de la testostérone seule ou associée à de la progestérone.

Question 3: (1 point) Utiliser des connaissances et communiquer

Sachant que la progestérone a une action comparable sur le complexe hypothalamo-hypophysaire chez l'homme et chez la femme, expliquer comment une injection de progestérone peut aboutir à une stérilité masculine en renforçant l'action de la testostérone.

Document 4: Perspectives d'utilisation
Un obstacle plus sérieux, d'ordre industriel, se dresse encore sur le chemin du premier contraceptif hormonal masculin. La mise sur le marché d'un tel produit suppose en effet des essais à vaste échelle pour en déterminer à la fois l'efficacité réelle et les éventuels effets secondaires, puis sa fabrication, des étapes toutes pilotées par l'industrie pharmaceutique. Or celle-ci n'a jamais vraiment accroché au projet, jugeant sans doute sa rentabilité incertaine.

D'après "La Recherche" juin 2007

Question 4: (1 point) Utiliser des connaissances pour expliquer

Par rapport à l'utilisation de la pilule, quelles différences présente l'utilisation du préservatif?

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