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La drépanocytose

 

Introduction

Les hémoglobines normales : structure et rôle

La drépanocytose et autres hémoblobines anormales

L'origine de la drépanocytose

Les différents variants de l'hémoglobine présents à la Martinique

Les manifestations de la drépanocytose

Répartition de la drépanocytose

Prise en charge des drépanocytaires

Bibliographie

 

La drépanocytose

 

Les mutations sont des modifications de la séquence nucléotidique des gènes. On connait plus de 600 mutants de la globine b.

Ces mutations provoquent des modifications de la séquence d'acides aminés de l'hémoglobine et peuvent parfois modifier sa fonction.

L'hémoglobine S

L'hémoglobine S est l'hémoglobine anormale la plus fréquente à la Martinique, c'est aussi la plus grave des hémoglobinopathies. Elle est due à une mutation ponctuelle par substitution d'un nucléotide au niveau du sixième codon du gène responsable de la synthèse de la globine b : le codon CTC devient alors CAC. Cette mutation provoque l'apparition d'un acide aminé valine au lieu d'un acide glutamique. Cette modification entraîne quand elle est déxoygénée :

  • Diminution de la solubilité (deux fois moins que l'hémoglobine normale) de l'hémoglobine mutée et
  • Polymérisation des hémoglobines.
  • Les globules rouges ou hématies se déforment alors moins facilement et prennent la forme d'une faux.
  • Déshydratation de certaines hématies qui deviennent drépanocytes irréversibles. Ces globules rouges gardent leur forme en faux liée à la persistance de polymères même après oxygénation au niveau des alvéoles pulmonaires.
  • Augmentation de l'expression de molécules d'adhérence à la surface des jeunes globules rouges (réticulocytes) favorisant la fixation de ceux-ci à l'endothélium des vaisseaux sanguins.

La circulation de ces hématies déformées et rigides, est moins aisée dans les capillaires, elles adhèrent mieux à l'endothélium du vaisseau. Cela provoque des obstructions capillaires, on parle de vaso-occlusions ou vaso-obstructions.

 

Ces vaso-obstructions peuvent concerner de nombreux organes. Elles participent à l'apparition de complications pulmonaires, rénales, oculaires, osseuses, dermatologiques …. Elles sont la cause des épisodes douloureux associés à la maladie.

Les globules rouges sont également plus fragiles et se détruisent plus rapidement. La maladie se caractérise d'ailleurs par une anémie chronique sévère, par hémolyse (destruction).

Les personnes atteintes de drépanocytose ne possèdent que l'hémoglobine anormale. Elles sont homozygotes pour l'allèle muté bs//bs. Elles ont hérité de chacun de leur parent un allèle muté.

Dans chacune des cellules des porteurs sains, il existe une paire de gènes responsables de la synthèse de l'hémoglobine ; l'un ayant l'allèle normale "A" et l'autre, l'allèle muté "S". Les gamètes, ovules et spermatozoïdes, ne comportent qu'un exemplaire de chaque gène.

A la fécondation, la rencontre au hasard des gamètes donnent 1/4 de risque d'avoir un enfant atteint.

 

Les hétérozygotes AS transmetteurs sains, ne présentent pas les signes de la maladie. Ils fabriquent environ 60% d'hémoglobine normale et 40% d'hémoglobine anormale.

 

La polymérisation de l'hémoglobine S désoxygénée, la déformation des globules rouges en forme en faux (falciformation) et l'augmentation de la viscosité du sang sont les facteurs qui induisent les manifestations de la maladie.

Processus de polymérisation de l'hémoglobine S, montrant l'association de deux molécules portant la globine b mutée. La mutation ponctuelle au niveau du sixième codon entraîne l'apparition d'un acide aminé, la valine (en blanc) au lieu du glutamate. Cette mutation produit des surfaces hydrophobes. Quand la molécule est désoxygénée, la solubilité des hémoglobines diminue et les molécules s'associent, se polymérisent et forment des polymères fibreux.

(Traité de médecine interne -CECIL- Bennett,Plum et al ; Med.Sciences ; Ed Flammarion 1998, pages 868 à 894).

Image : Visualisation de molécules 3D avec le Pug-ing "Chime" : http://www.umass.edu/microbio/chime/hemoglob/ (Windows: I.E. ; Macintosh : Netscape 4.7 max).

Cliquez sur l'image

 

Autres hémoglobinopathies

 

La population martiniquaise est affectée par d'autres anomalies héréditaires de l'hémoglobine moins fréquentes que la l'hémoglobine S. Il s'agit également de formes liées à des mutations touchant la globine b.

La globine b remplace progressivement la globine g à la fin de la vie fœtale et après la naissance dans l'hémoglobine. La présence d'hémoglobine fœtale (F) retarde l'apparition des premiers signes. L'hémoglobine F a, en effet, une action inhibitrice sur la polymérisation de l'hémoglobine S. La persistance d'hémoglobine F chez l'adulte limite les effets de la polymérisation.

 

L'hémoglobine C

La mutation au niveau du gène de la globine beta de CTC en TTC (brin transcrit), codon 6 provoque la synthèse d'une globine C. Ici, l'acide glutamique est remplacé par la lysine. Les homozygotes pour l'alléle C présentent une anémie hémolytique modérée, les hématies sont plus petites. L'association d'un allèle S et d'un allèle C est à l'origine d'une drépanocytose SC, moins sévère que la forme SS. Ces personnes ont alors une hémoglobine formée de 2 globines a et 2 globines mutées (bs ou bc).

 

Les hémoglobines plus rarement représentées

L'hémoglobine E est liée à une mutation par substitution en position 26 du gène beta, un acide aminé glutamate est remplacé par un résidu lysine. Cette hémoglobine, plus fréquente dans les régions est-asiatiques est rare à la Martinique et est responsable d'un phénotype thalassémique.

Comme pour l'hémoglobine C, ces formes ne présentent de pathologies plus graves que si elles sont associées à une globine bs.

 

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