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La
drépanocytose
La prise en charge
des malades
Le
CID
En absence de
prise en charge des malades, l'espérance de vie est très
courte. Dans les années 70, elle n'était que de 14 - 15
ans. Un suivi très précoce, dès la petite enfance,
a considérablement amélioré la vie des drépanocytaires.
Ce suivi intègre aussi bien le plan médical que les aspects
social, environnemental, professionel. Le centre hospitalier du Lamentin
abrite le Centre Intégré de la Drépanocytose de la
Martinique (CID) depuis décembre 1999.
L'équipe
de jour du CID, comporte
une cellule d'accueil et d'écoute, elle
- Assure l'information,
l'éducation et un accompagement psycho-social
- Permet le dépistage,
la consultation de conseil génétique, le suivi des malades.
La prise en charge
par les médecins, infirmières, assistante-sociale, peut
commencer avant la naissance par une évaluation des risques si,
dans les familles des personnes concernées, on a connaissance de
cas de drépanocytose.
Il est également
possible d'effectuer un diagnostic prénatal qui précise
les risques.
Chez
le jeune enfant
Depuis 1984, le dépistage
systématique de la maladie est réalisé. Un enfant
sur 300 présente un phénotype conduisant à une drépanocytose.
L'équipe du CID informe alors les parents sur la maladie et sur
les indices précurseurs de crises qu'ils pourraient déceler.
Les premiers symptômes
peuvent apparaître dès 4 - 6 mois, quand l'hémoglobine
ftale a beaucoup diminué au profit de l'hémoglobine
adulte anormale. Les premières manifestations sont l'anémie
et des gonflements douloureux des extrémités liés
au blocage dans les petits vaisseaux des globules rouges déformés.
En cas de crises,
sont prescrits des analgésiques pour limiter les douleurs. Une
antibiothérapie quotidienne jusqu'à 15 ans et un programme
plus étendu de vaccinations sont nécessaire, ces enfants
étant plus fragiles face à l'infection. Un complément
vitaminique (vitamine B9, l'acide folique) est prescrit pour aider à
la formation des globules rouges.
En milieu scolaire,
il faut que l'équipe éducative soit informée des
mesures d'hygiène recommandées et elle doit inciter les
enfants à boire, la déshydratation favorisant les crises.
Les activités sportives sont possibles en évitant tout effort
intense ou prolongé. L'altitude et le
refroidissement lors des bains prolongés (pas plus de 15 mn à
20 mn ) sont à éviter,
L'apparition de crises
graves peut réclamer des transfusions sanguines.
Progressivement, l'enfant
apprend à se responsabiliser face à sa maladie et devient
plus autonome. Les douleurs, la fatigue liée à l'anémie,
les crises qui l'amènent à effectuer des séjours
en milieu hospitalier perturbent sa scolarité. La scolarisation
n'est pas toujours facile. Presque tous ces enfants suivent une scolarité
dans des écoles "classiques". Le travail d'information
auprès des enseignants permet une meilleure intégration
des jeunes en milieu scolaire.
Chez
l'adulte
Les visites
au centre intégré chez le jeune adulte peuvent s'espacer.
La prise en charge précoce des malades a permis une amélioration
de leur espérance de vie. Le risque de crise aigue persiste et
peuvent apparaître les complications dégénératives
(il, articulation, rein, cur,
). Il est donc important
que les conseils d'hygiène et le suivi soient maintenus. Ce suivi
est renforcé chez la femme enceinte.
Téléchargez les règles de vie
du patient drépanocytaire. (Document de 64 Ko, en format .pdf,
s'ouvre avec Acrobat Reader)
Le
suivi social
Il s'agit
avant tout de placer les drépanocytaires dans des conditions sanitaires
compatibles avec sa maladie. Ces malades doivent en effet éviter,
par exemple, les pièces mal aérées, les fortes températures,
la climatisation.
L'un
des rôles de l'assistante sociale est de réaliser s'il est
besoin, un bilan social afin de prendre d'éventuelles mesures d'amélioration
de l'habitat et du cadre de vie. La prise en charge des soins et les médicaments,
puisqu'il s'agit d'une affection de longue durée, est à
100% pour la Sécurité Sociale.
Le service
social veille également à l'intégration du jeune
dans le milieu scolaire et plus tard dans sa vie professionnelle. Les
activités physiques importantes étant déconseillées,
il est important que les drépanocytaires aient une profession ne
nécessitant pas d'efforts physiques.

Les
conseils de vie aux drépanocytaires
Les drépanocytaires,
nous le savons, sont affectés :
- D'une anémie
sévère liée à la destruction précoce
de leurs hématies fragilisées.
- De crises douloureuses
liées à la vaso-obstruction provoquée par les hématies
falciformes et l'adhérence de certains globules rouges. La forme
en faux des hématies est favorisée par la déshydration.
- D'infections plus
fréquentes.
La désdhydratation
est favorisée par l'augmentation
de l'activité physique, les diarrhées, les fortes chaleurs,
la fièvre. L'anémie
provoque un déficit de l'approvisionnement en dioxygène
des cellules qui est accentué par l'altitude, l'activité
physique.
Si les patients sont
suivis par le CID, dès leur plus jeune âge, il sont informés
sur la maladie et sur les règles d'hygiène de vie. La prévention
reste en effet un volet majeur de la prise en charge.
- Mise à jour
des vaccinations
- Eviter la fatigue
- Pas de consommation
d'alcool, ni de tabac
- Eviter les écarts
de température
- Eviter les séjours
en altitude au delà de 1500m : la pression partielle en O2 et
la température diminuent avec l'altitude.
- Il est particulièrement
recommandé aux enfants comme aux adultes d'ailleurs, de boire
beaucoup d'eau ; en effet une bonne hydratation peut suffire à
espacer les crises en limitant la polymérisation de l'hémoglobine
S et la falciformation des globules rouges.
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