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Les
éruptions de la Montagne Pelée

Les éruptions
de la Montagne Pelée comme celles des neuf autres volcans actifs
de l'arc antillais sont plutôt rares sans doute à cause de
la faible vitesse de subduction (1 à 2 cm/an).
Depuis 1635, date
qui marque l'installation des premiers colons, la Montagne Pelée
a connu quatre éruptions :
- 1792, on observe
une augmentation de l'activité fumerollienne
- 1851, il se produit
une éruption phréatique de faible puissance
- 1902, éruption
magmatique
- 1929, la dernière
éruption, elle est encore magmatique.
Ce sont les éruptions
de 1902 à 1903, bien observées notamment par Alfred Lacroix
qui ont permis de mieux comprendre ce type d'éruption qualifié
depuis de péléen. Outre les nuées ardentes péléennes,
la Pelée a connu des nuées de type Saint-Vincent et des
coulées pliniennes. Les émissions de laves sont plus rares.
Quelles sont les manifestations
et causes des éruptions pliniennes et péléennes ?
Quelle est l'origine
des magmas ?
Les éruptions de 1902
Les premiers signes
d'une reprise de l'activité du volcan commencent peu avant l'année
1900. Des fumerolles s'échappent du sommet. Personne n'y prend
garde, les habitants gardent le souvenir de la dernière éruption
phréatique de 1851 de faible ampleur.
En mai 1901, l'activité
fumerollienne s'intensifie. La première manifestation alarmante
se produit en avril 1902, c'est une éruption phréatique.
Une colonne de poussières et de roches s'échappent du cratère
et le débit des rivières augmente de façon anormale.
Mais les Pierrotins sont préoccupés par l'activité
politique qui n'est pas moins agitée. Des élections se préparent
: le 27 avril se déroule le premier tour des élections législatives.
Le 5 mai, le bord
ouest du volcan se rompt et libère le contenu du lac de cratère
dans la rivière blanche. Une coulée de boue recouvre l'usine
Guérin faisant 23 victimes, les premières depuis le réveil
du volcan.
Pourtant, personne
ne songe à quitter la ville, le deuxième tour des élections
doit bientôt avoir lieu.
Le 8 mai, 7h50, une
formidable explosion
se produit. Une nuée ardente dévale les pentes du volcan
et détruit Saint-Pierre faisant près de 28 000 victimes.
Alfred Lacroix a évalué
la vitesse de déplacement de cette nuée ardente en se basant
sur les gros objets tels le phare de place Bertin et une statue de la
Vierge, qui avaient été renversés. Ses calculs aboutissent
à une vitesse de déplacement de 130 m/s. En corrigeant les
calculs, effectués, en raisonnant en terme de déplacement
d'air, on arrive à des vitesses de 110 m/s pour la nuée
ardente.
Les plus gros blocs
suivent les vallées des rivières Blanche et Sèche,
alors que les gaz toxiques et les cendres brûlantes déferlent
sur la ville. Les températures n'ont guère dépassé
350 °C. En effet, les victimes ensevelis dans leur maison, sont brûlées
mais pas carbonisées.
Après l'explosion
du 8 mai, d'autres nuées ardentes se produisent achevant la destruction
de la ville : le 26 mai, le 6 juin, le 9 juillet et surtout, la plus puissante
le 30 août. Cette éruption produit d'énormes quantités
de cendres et de ponces, son extension plus large, affecte le Morne-Rouge
et Ajoupa-Bouillon.
Extension
des nuées ardentes du 8 mai et du 30 août 1902 (d'après
Alfred Lacroix)
Peu après
la première nuée ardente du
8 mai, un dôme de lave se met en place dans le cratère.
L'aiguille
qui en résulte atteindra 350m avant de s'effrondrer définitivement
le 10 août 1903.
La Montagne
Pelée a connu d'autres éruptions de ce type. En 1929, de
nouvelles nuées ardentes provoquent la panique à Saint-Pierre
et dans les environs. Contrairement à celles de 1902, ce sont des
nuées ardentes d'avalanche. Mais ce volcan a aussi connu des
éruptions de type plinien.
D'après
D.
Westercamp et H. Tazieff (1980) ; les guides géologiques
régionaux ; Martinique - Guadeloupe ; Ed Masson.

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